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LES CLARETS DE BURNLEY EN PREMIÈRE LIGUE : UN BON CRU !

Vincent Kompany, inamovible défenseur des diables rouges. Gode voredom! Photo Wikipedia

On n’y croyait plus. Le FC Burnley en Ligue 1 anglaise. Le club qui avait éliminé le Stade de Reims dans le premier tour de la Coupe d’Europe des clubs champions, en 1962. La dernière sortie européenne pour le grand Reims, mais aussi le déclin et la chute pour les « clarets and blues », soit les bordeaux et bleus, les mêmes couleurs que les Hammers de West Ham ou les Vilans d’Aston Villa. Un bonheur n’arrivant jamais seul, c’est Sheffield United qui les accompagne ; Sheffield Utd ayant signé sa montée un mercredi soir, comme pour faire la nique aux rivaux de Sheffield Wednesday.

Il fallait s’intéresser depuis longtemps au football anglais pour connaître ne serait-ce que le nom de clubs anciens ayant déserté la Première Ligue depuis longtemps. C’était le cas du club légendaire qui a vu passer dans ses effectifs le gardien Gordon Banks et l’international qui a évolué sur les terrains jusqu’à l’âge canonique de 55 ans. J’ai nommé Sir Stanley Mattews. Le club s’appelait Stoke City et jouait pour la ville de Stoke-On-Trent. Qui s’en souvient ?

Qui se souvient aussi du F.C Blackpool, un club où est aussi passé Mattews ou de Chesterfield, le premier club du meilleur gardien anglais de tous les temps (avec Shilton). On doit dire qu’on avait aussi oublié le F.C Burnley et les clubs de Sheffield, Sheffield Wednesday comme Sheffield United, qui remonte en Ligue 1 cette année, comme le Burnley F.C, ce club enfoui dans les tréfonds de ma mémoire et qui avait défié le Stade de Reims lors d’un premier tour de Coupe d’Europe des Clubs Champions.

C’était en 1962 et c’était à l’occasion du dernier championnat remporté par Reims, le sixième (avec deux coupes de France). L’équipe avait encore fière allure avec un Kopa retour du Real Madrid, le Marocain Akesbi comme buteur, l’ailier limousin Paul Sauvage et les habituels Vincent, Muller, Piantoni, Siatka, Wendling, Rodzyck et Colonna. Pour la plupart de ces joueurs, ce sera hélas le dernier tour de piste et toute cette génération va pouvoir s’effacer. Il n’y aura pas de remplaçants aussi doués et Reims descendra deux ans plus tard en deuxième division. Ce sera aussi leur dernier tour de piste européen, si l’on veut bien excepter leurs éliminatoires ratés de Coupe Europa en 2020-2021, en pleine période Covid après une sixième place dégottée par les rouges et blancs en championnat.

Mais revenons à Burnley et à cette équipe vénérable du football british. Même si l’équipe nationale des Trois Lions ne figure pas parmi les meilleures à l’époque, on trouve quand même pas mal de joueur de Burnley en son sein. En 1960, le Burnley F.C remporte le titre et se classe deuxième, derrière Ipswich Town, en 1962. Cette année-là sera aussi celle où Burnley remporte la Cup, avec des joueurs comme Robson, Talbut ou Morgan ; une équipe entraînée par Harry Potts puis par l’Écossais Billy Dougall. Pour l’histoire (la petite), Burnley avait déjà décroché le titre en 1921.

Les Clarets participeront encore à une Coupe d’Europe des Villes de Foire en 1967, avant de sombrer dans les divisions inférieures dont ils n’émergeront qu’en 2008 puis en 2014 et en 2016 avec relégations automatiques à chaque fois. Et maintenant, en espérant que les Clarets de Burnley ne feront pas une nouvelle fois l’ascenseur. Burnley avait déjà fait l’ascenseur en 2009, terminant cette année-là avec 5 points de retard sur le premier non relégable, les Hammers de West Ham.

C’est à l’origine un club de rugby, les Burnley Rovers, qui passe professionnel et se dote d’une section football. Le club du Lancashire se hisse vite dans l’élite et adopte les couleurs de leurs rivaux de Birmingham, Aston Villa. Le stade de Turf Moor avait connu son record d’audience contre les joueurs d’Huddersfiel, le 23 février 1924. Huddersfield, la ville du Yorkshire où sont nées les premières révoltes des Luddites (ces ouvriers qui cassaient leurs machines pour protester contre l’aliénation des premiers temps capitalistes) ainsi que Sir Harold Wilson, le leader travailliste des années 1960 – 1970.

En 1961, les tombeurs du Stade de Reims seront éliminés en quart de finale contre le SV Hambourg du bomber Uwe Seeler, et c’est Benfica qui l’emportera à la fin, contre le Barça et ses réfugiés hongrois, les Kocsis et les Kubala. Burnley l’avait emporté 3 buts à 1 au match aller grâce à des buts de Pilkington et de Robson. Le club sera au zénith et pourra entamer son déclin, au grand dam des supporters du stade de Turf Moor, parmi les plus chauds du foot anglais.

Quelques joueurs prestigieux sont passés par Burnley, comme Chris Waddle ou Stuart Gray, qui ont été aussi entraîneurs. Mais l’équipe actuelle a des arguments à faire valoir, avec l’entraîneur international belge (ex joueur d’Anderlecht et de Manchester City) Vincent Kompany. On trouve dans un effectif abondant le Brésilien Vitinho, l’Irlandais Cullen ou l’Islandais Gudmunsson dans une mosaïque de citoyens du monde où figure aussi le jeune espoir du football belge Manuel Benson, ex joueur prometteur du Royal Antwerp. Plus certainement quelques renforts qui seront les bienvenus pour éviter de faire l’ascenseur une nouvelle fois.

Mais ne brûlons pas (don’t burn) les étapes et chaque chose en son temps.

On va dire un mot de Sheffield United (South Yorkshire), la ville de l’acier et des couverts de table. Maillot rouge et blanc rayé et short noir, Sheffield joue à Bramall Line, à ne pas confondre avec Hillsborough, le fief des rivaux de Sheffield Wednesday où a eu lieu le drame de 1989 avec ses 96 morts étouffés à la suite de bousculades lors d’un match de coupe entre le Liverpool F.C et Nottingham Forest.

Le club a gagné un championnat et quatre coupes en des temps immémoriaux, mais il est plus à la peine à l’ère moderne. Un titre de champion de Division 2 en 1953 et l’ascenseur entre Division 2 et Division 3 plus quelques timides apparitions en Première Ligue généralement suivies de relégations automatiques. Une petite embellie dans les années 1990 – 2000 où Sheffield atteint des places honorables et va même jusqu’à disputer une demi-finale de la coupe d’Angleterre et de la coupe de la ligue la même année, en 2003.

Quelques entraîneurs compétents se sont succédé au chevet du club, notamment le fils de Brian Clough – Nigel Clough – l’ancien joueur Chris Morgan l’Écossais David Weir. Ce sera Chris Wilder qui emmènera l’équipe en Première Ligue avant relégation après deux saisons. Une fâcheuse habitude.

C’est maintenant l’entraîneur Paul Heckinbottom qui fait monter l’équipe en Première ligue avec des joueurs intéressants comme l’international bosniaque Ahmedhozic, l’Allemand Reda Khadra et surtout l’ex joueur de Leeds United Bill Sharp, plus quelques jeunes de Manchester City barrés par les vedettes des Citizens : Tommy Doyle ou James Mc Atee, tous deux internationaux espoirs.

Pas de quoi terrasser les cadors de la première ligue mais, avec un bon recrutement, peut-être de quoi se maintenir. C’est le F.C Luton, un ancien pensionnaire de la Ligue 1, qui a terminé troisième de ce championnat de Deuxième division anglaise – dit le Championship – toujours passionnant en ce qu’il ressuscite régulièrement des grands noms oubliés du royaume, tel Nottingham Forest la saison dernière. On souhaite pour les Blades (les lames) de Sheffield United de se maintenir.

Mais on aimerait bien revoir aussi des clubs prestigieux et légendaires comme West Bromwich Albion, Sunderland, Stoke City ou Blackpool, sans oublier les Gallois de Swansea et de Cardiff City, ni le Watford F.C cher à Elton John. L’année prochaine, peut-être. Il faut quand même savoir que ce championnat comportait 24 clubs, quand la Ligue Nationale de Football veut dégraisser les championnats et faire passer la Ligue 1 et la Ligue 2 à 18 clubs, ce qui était déjà le cas du National. Il faut bien que nos joueurs professionnels aient moins de matchs dans les pattes pour se rendre compétitifs sur le plan européen (on voit le résultat), ce qui n’a jamais posé ce genre de problème en Angleterre et même ailleurs.

Parmi les clubs relégués de Première Ligue cette année, on aura sûrement les Blues d’Everton et Southampton qui ont déjà un pied et demi en Championship, plus une bataille homérique entre trois clubs à 30 points, et non des moindres (Leicester récent champion, Nottingham Forest le promu deux fois vainqueurs de la Champions League et Leeds United finaliste en 1975). Trois clubs qui vont devoir encore se battre pour rester à l’échelon supérieur.

Et je fiche mon billet que Manchester City va gagner la Coupe aux grandes oreilles cette année. You bet ? Les Citizens sont les plus forts, la meilleure équipe du monde à l’heure actuelle, la dream team. Et le football de club anglais dominera encore longtemps l’Europe. Rules Britannia…

4 mai 2023

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VINGINCES 8DAGONNETJ’avais écrit ça en à peine trois mois, en écrivain du dimanche. J’avais commencé un lundi, après un week-end avec des amis où on avait passé notre temps à picoler et à se raconter entre deux fous rires des anecdotes et des souvenirs communs sur nos années passées à Paris, dans les années 70. J’allais avoir 30 ans et je m’étais réveillé la bouche pâteuse et la gueule de bois avec un sentiment de vide et de mélancolie qui exigeait, nécessité intérieure, que je me mesure à la page blanche, sous la tutelle supposée bienveillante de tous les auteurs que j’admirais. Ça s’appelait Réverbérations (d’après le titre d’un morceau du 13th Floor Elevators, groupe psychédélique texan), sous-titré Passés simples, et se voulait être une chronique des années 60 et 70 à travers l’itinéraire de quelques personnages dont les histoires finissaient par se rejoindre. Un manuscrit de 230 pages qu’il me fallait proposer aux professionnels de la profession, à savoir aux grandes maisons d’édition parisiennes, puisque les quelques éditeurs indépendants dont on m’avait parlé avaient déjà leurs parutions ficelées pour des années. C’est en tout cas ce qu’ils m’avaient tous dit. Mon ami Luc avait été l’un des premiers enthousiasmés par ce roman et il l’avait recommandé, en tant qu’auteur publié de quelques romans sur le Vietnam, à Simone Gallimard, directrice du Mercure de France, du Mercure François, comme disait le Cyrano de Rostand. La dame lui avait fait part de ses réticences, arguant que, si le roman avait des qualités indéniables, son langage jeune et un tantinet démagogique ne permettait pas une publication chez elle. À moins de revoir le manuscrit, sans donner la moindre indication pour ce faire. « Un bon brouillon », m’avait dit Luc, qui semblait d’accord avec elle, mais un brouillon quand même qu’il s’agissait de retravailler pour lui donner une forme publiable correspondant aux critères exigeants de l’édition. Je ne voyais pas trop par quoi commencer et les bras m’en tombaient lorsque je me mettais à retravailler, comme ils disaient, sans savoir exactement ce qu’il y avait à modifier. J’envoyais donc mon manuscrit tel quel chez les principaux éditeurs. Une dizaine de copies étaient tapies dans un grand sac de sport et j’arpentais le quartier de l’Odéon en frappant aux portes des doges de la république des lettres, de ceux qui décidaient si vous étiez un auteur digne d’être publié ou un écrivaillon condamné à n’écrire que pour ses tiroirs. Humble mortel, j’avais l’audace de m’en remettre au jugement des dieux et je ne fus pas déçu, recevant les unes après les autres des lettres de refus stéréotypées avec toujours les mêmes formules hypocrites. Un bon livre assurément, mais qui ne correspondait à aucune de leurs collections, ou qui n’avait pas reçu la majorité des avis positifs du comité de lecture avec des « malheureusement » à longueur de bras et des encouragements pour la suite. J’en étais venu à les collectionner. Ne voulant pas rester sur un échec, j’en avais commencé un autre, Les journées de plomb (en référence aux années de plomb italiennes), dans un genre différent. Un retraité que j’avais baptisé Adrien Ménard et qui passait son temps à aller aux putes et à supporter un club de football. L’intrigue, assez mince, tournait autour de son fils, gibier de psychiatrie mêlé à une tentative d’enlèvement d’un patron de choc. Quelque chose en phase avec la montée du Front National et les exploits d’Action Directe. Même punition, avec des lettres de refus en pagaille, pile trois mois après mes envois. On ne s’embarrassait même plus de formules de politesse et de petits mots de consolation. Le roman n’était tout simplement pas convaincant, faute d’une intrigue solide qui seule aurait pu lui donner de la consistance. J’avais fait appel à un haut placé de la CFDT qui connaissait du monde dans la maison d’édition proche du syndicat et il n’avait même pas daigné recommander mon manuscrit, pas convaincu lui non plus. Sauf que lui, je ne le savais pas critique littéraire. Déçu dans mes ambitions du même nom, je décidais d’en rester là quand mon ami Luc m’adressa une publicité émanant de la société Icare, qui se faisait fort de relire et de corriger les manuscrits qu’elle estimait publiables et, par ses relations avec les éditeurs, de les faire éditer moyennant quelques retouches sur la base de leurs précieux conseils. Tout cela évidemment moyennant aussi finance, car leurs services n’étaient pas gratuits, va sans dire. J’avais pris rendez-vous avec Yves Dagonnet, le directeur de ladite société. Dans les bureaux d’Icare, deux pièces obscures dans un immeuble de rapport du quartier latin. Dagonnet était un grand barbu débonnaire et volubile, avec un gros nez et un regard franc. Il verrait ce qu’il pouvait faire pour mon manuscrit, mon enfant de papier qui l’appelait au secours. Sa secrétaire, une jeune femme accorte au décolleté provoquant, nous servit le champagne et nous trinquâmes à ma réussite. Quinze jours plus tard, Dagonnet me renvoyait mon manuscrit avec ses propositions de réécriture, ses recommandations. Une dizaine de feuillets tapés à la machine où, chapitre par chapitre, paragraphe par paragraphe et ligne par ligne, il me proposait ses reformulations et ses corrections. Il me demandait également un chèque de 6000 francs pour ce travail avec l’assurance que, à condition de me conformer à ses prescriptions, le manuscrit serait publié dès la rentrée. Je profitais de quelques jours de vacances début juin pour revoir le manuscrit, en respectant les consignes. Avec les coupes, les conseils de réécriture pour certains passages, les innombrables notes en bas de page et les explications sur tout ce qui concernait les faits et les personnages de l’époque ; mon roman me paraissait formaté, banalisé, appauvri. Les 230 pages étaient passées à 300 mais j’avais la douloureuse impression d’avoir affadi une histoire qui perdait beaucoup de son intérêt, avec un approfondissement psychologique des personnages et des tas de précisions redondantes.

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