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LE MARCHÉ AUX ESCLAVES (2)

Le grand Salif Keita en 1968 (coupe et championnat pour l’ASSE). Transféré au ciel.

C’est à la fin du marché qu’on compte les bouses, nous dit un vieux proverbe plein de sagesse paysanne. Comme chaque année, le marché des transferts a connu une brusque accélération à la fin août, juste avant la clôture. Quelques affaires en cours ont été conclues et d’autres se sont vues abandonnées faute d’accords entre les clubs (et les agents de joueurs qui prennent une place prépondérante). On commence par une revue d’effectif des clubs français de Ligue 1 avant de faire le tour des clubs européens la fois prochaine, ce qui fera le troisième volet de cette chronique du marché aux esclaves, car n’oublions pas que ce sont des hommes, fussent-ils footballeurs professionnels, qui sont vendus et achetés aux plus offrants. Même à prix d’or, il y a là quelque chose de révoltant.

On commence par les Européens, on veut dire les deux clubs qui ont accédé à la Champion’s League, puisque Marseille s’est fait éliminer aux barrages face aux modestes grecs du Panathinaikos, après un arbitrage délirant mais bon… Allez l’O.M, putaing cong !

Au Paris SG, on a perdu Messi, Neymar, Verratti et on a failli perdre M’ Bappé qui, finalement, reste. Il sera le pilier d’une attaque renouvelée avec Kolo Muani et Dembélé ; Etikité, l’ex rémois qui n’a jamais convaincu à Paris, partirait à Crystal Palace. Le vieux Sergio Ramos raccroche les crampons, Paredes part à l’AS Rome et Icardi au Galatasaray. Même si les Qataris en ont assez de leur danseuse, ce sont pas moins d’une dizaine de joueurs qui viennent en renfort de ce PSG new look, les plus connus étant l’Uruguayen Ugarte, l’ex Lyonnais Barcola, l’ex de Fulham Kurzawa et le Coréen Lee. Le PSG ne devrait plus survoler le championnat comme les années précédentes, mais il en reste une valeur sûre avec un nouvel entraîneur, Luis Enriqué, qui a fait ses preuves avec le Barça. Pas les terreurs d’avant, mais un virage qui, espérons-le, leur apportera modestie et humilité avant de repartir à l’assaut de l’Europe.

Le Racing Club de Lens ne fait rien comme les autres, cédant ses deux meilleurs joueurs (Openda à Leipzig et Fofana en Arabie Saoudite) alors qu’il dispute la C1. Sans parler d’Onana au Besiktas. Mal partis en championnat, les Lensois n’auront peut-être pas leur grinta des deux années précédentes. Certes, Wahi arrive de Montpellier avec le Colombien Cortès et le Bulgare Khusanov, mais les autres arrivées sont anecdotiques et on voit mal Lens sortir d’un groupe comportant Arsenal, le PSV Eindhoven et le FC Séville. De même qu’en championnat, on les voit mal aux places d’honneur cette année. Mais l’équipe est tellement surprenante…

L’Olympique de Marseille aurait pu jouer la C1, mais elle devra se contenter du championnat. Marcellino, le nouvel entraîneur, aura du mal avec des supporters toujours au bord de la crise de nerfs à la moindre contre-performance. Marseille perd Under, Tavares et Payet (parti au Brésil), plus le buteur maison Sanchez, parti à l’Inter. Les arrivées ? Kondogbia, Sarr ou Aubameyant, pas vraiment des épées, plus des Sud-américains dont la régularité n’est pas toujours assurée (Correa, Murillo ou Luis Enriqué). Mais il y a longtemps que Marseille ne fait plus de folies. Reste une petite chance en Europa… Dernière heure, Marcellino n’aura pas fait long feu, c’est le Milanais Gattuso qui le remplace. Combien de temps ? Les paris sont ouverts. C’est plus une valse, c’est du pogo !

Parmi les autres européens (la petite coupe Conférence), on compte le Lille OSC, vainqueur aux barrages. Là aussi, on peut nourrir des craintes avec les départs de Weah (Juventus), Fonte (Braga), Andre Gomes (Everton) ou Bamba au Celta Vigo. En contrepartie, rien de bien convaincant avec l’éternelle armada cosmopolite des demi-soldes du foot mondial, plus Umtiti, venu du Barça. Lille encore à l’heure portugaise côté entraîneurs, mais Lille qu’on a connu plus ambitieux et qui aura du mal à rafler une place d’honneur.

Le Stade Rennais de Genesio réussit toujours à se hisser dans les 5 premiers, mais jamais dans le trio de tête. Blas arrive de Nantes et Le Fée de Lorient. À part ça, c’est l’hécatombe : Majer, Doku, Toko Ekambi, Traoré, Meling et Guirassy font leurs valises. Ici aussi, de quoi être inquiet, et pour la Coupe Europa, et pour les premières places du championnat.

Dernier club en lice pour les coupes d’Europe, le Toulouse F.C, vainqueur de la coupe. Le grand nettoyage, du sol au plafond, ou plutôt le grand remplacement. Changement d’entraîneur (Montanier out et Martinez-Novell in), mais des renfort de Ligue 2 et pas moins de 15 joueurs sur le départ, dont Van Den Boomen, Dejaeghere, Spierrings et le gardien Dupé. Très peu de chances de briller en Europa, et aucune chance de jouer les premiers rôles en championnat.

Les autres, les sans-grades du championnat ? L’A.S Monaco, à mon avis, devrait remporter le titre, avec un recrutement intelligent et ambitieux : Balogun, Salisu ou le gardien Köhn. C’est toute l’équipe qui se met à l’heure allemande, avec un staff où on trouve Hittel et Schmidt. Les anciens (Ben Yedder, Fofana, Golovine, Malipan…) restent, même si le club perdu Nübel (Bayern), Volland (Union Berlin) ou Di Sasi (Chelsea). Les Monégasques ne sont pas pour rien les actuels leaders du championnat. Les mercenaires du rocher vont faire mal.

On verrait bien aussi les voisins de l’OGC Nice aux places d’honneur. Même si leur changement d’entraîneur est incompréhensible (Digard cède sa place à l’Italien Farioli), beaucoup de richesses dans cette équipe renforcée encore par Guessand (ex Nantes) ou Sanson (Aston Villa). Les Aiglons perdent, en revanche, Pépé, Dolberg et leurs anglais sur la promenade Ramsey et Barkley, pas transcendants la saison dernière. À suivre, en tout cas.

L’Olympique Lyonnais, lui, est à la ramasse en cette entame de championnat. Un recrutement modeste avec le Croate Caleta-Car et Mama Baldé parmi les plus connus, mais une hémorragie avec les départs de Barcola, Koné, Thiago Mendes, Faivre, Gusto ou l’autre Dembélé. Désormais sans la tutelle d’Aulas, Blanc va se faire des cheveux gris, et broyer du noir ? Dernière minute, il est viré.

Le Montpellier S.C de Der Zakarian a surpris pour sa fin de saison, alors que le club était au bord de la relégation. Wahi, à l’origine du miracle, part à Lens mais le trio d’attaque El Tabani (un Jordanien venu de Louvain) Adam et Nordin est percutant. Certes, ils perdent aussi Madividi (Leicester) et Mouassa (Bruges), mais leur début de championnat laisse espérer une belle saison.

Que dire du R.C Strasbourg, qui a raté sa saison l’an dernier, ne devant son maintien qu’à un sprint final ahurissant. Vieira, venu de Crystal Palace, est leur nouvel entraîneur et les renforts abondent : une dizaine de joueurs mais rien de transcendant, à part Sylla (Bruges), Mwanga (Bordeaux) ou Gabriel (Chelsea). Beaucoup de départs aussi, notamment Liénard, Djiku et surtout Habib Diallo en Arabie Saoudite. Strasbourg a gardé l’autre Habib, Diarra, malgré des offres somptuaires. On les verrait bien en milieu de tableau, avec eux aussi un début de championnat réussi.

Le Stade Brestois et le F.C Lorient présentent un peu les mêmes caractéristiques : des effectifs moyens mais, à l’arrivée, des classements honorables. Pas de grands noms parmi les arrivées brestoises, à part l’Uruguayen de l’Inter Satriano, et l’ex Marseillais Amavi. Une dizaine de départs dont Honorat (Moenchengladbach), Hérelle (Metz) et Duverne (Nantes). Brest qui a lui aussi bien débuté son championnat. Pour Lorient, c’est moins bon, qui perd Faivre, Le Fée et Meïté. Un recrutement niveau Ligue 2 excepté l’ex Manchester City Benjamin Mendy, sorti de la tourmente judiciaire. Bref, du mouron à se faire mais, on l’a dit, les merlus s’en sortent bien (en général).

On va passer maintenant aux possibles relégables. Si le Clermont Foot a réalisé une saison honorable, il peut craindre le pire avec un début de championnat catastrophique. 7 départs pour autant d’arrivées, mais rien de connu. Clermont avait souvent gagné des matchs à l’énergie et dans le money-time. Il semble que la magie n’opère plus.

On aimerait ne pas voir descendre le F.C Nantes, mais l’équipe qui a frôlé la relégation l’an dernier ne donne pas de gages de confiance. Une flopée de nouveaux dont Marquinhos (ex Arsenal), Duverne ou Pierre Gabriel, plus le Turco-Suisse Cömert ; mais une saignée qui leur fait perdre leurs meilleurs joueurs (Blas, Girotto, Guessand, sans compter Delort). Sans être cuits, les canaris auront du mal à voler haut.

Deux promus qui ont aussi du souci à se faire. Le F.C Metz malgré une douzaine de renforts (rien de très connu dont 4 joueurs du F.C Seraing) et les départs de Niane à Angers ou de leur buteur le Géorgien Mikaudtadzé à l’Ajax. Ce sera dur de se maintenir pour des Lorrains habitués à faire l’ascenseur. Le Havre A.C, l’autre promu, n’est guère plus rassurant avec une dizaine d’arrivées sans grand renom à part Bayo ex Lille, et des départs (Lekhal, Richardson, Diakité) qui risquent de peser lourd.

On terminera sur le Stade de Reims qui pourrait bien être la surprise de la saison. Les hommes de Will Still (son frère sera son adjoint) ont perdu Balogun, Cajuste, Lopy, Keita, Van Bergen, Flips et Doumbia, mais ils ont recruté une dizaine de joueurs qui se sont déjà fait remarquer dans ce championnat tels le Japonais Nakamura, le Maltais Teuma, le Danois Daramy ou l’Anglais Wilson-Esbrand (ex Manchester Ciy). Sans parler du Havrais Richardson, de l’Angevin Salama et de tous ces joueurs venus de Belgique pour l’essentiel qui n’ont pas encore pu montrer leurs qualités sur le pré : Bojang, Okumu ou Khadra, tout en gardant l’ossature de l’équipe de l’an dernier. Les Rémois débutent bien et on sent un gros potentiel avec un banc renforcé. Champagne ? On attendra un peu.

Voilà pour la revue d’effectifs, mais on doit avouer qu’on est très mauvais pronostiqueur. Les clubs étrangers la fois prochaine, avec un focus pour l’Arabie Saoudite qui est devenue la maison de retraite – palace des stars du ballon rond. Marché aux esclaves, mais certains plus affranchis que les autres. Quand le foot est devenu aussi un moyen de pression et de prestige géopolitique.

1° septembre 2023

PS : une pensée pour Dominique Colonna, gardien du grand Reims inventeur de la relance à la main. Une pensée aussi pour Salif Keita, dribbleur facétieux des Verts à leur meilleur. À ne pas confondre avec le griot homonyme. On connaît l’anecdote d’un Keita qui était arrivé à Saint-Étienne, depuis Le Bourget, en taxi. La France vue du Mali. La note fut salée, mais il a pu la payer sur le terrain au centuple. Keita s’est ensuite égaré à Marseille. Il fut le premier ballon d’or africain. Deux idoles de mon enfance pour Colonna, de mon adolescence pour Keita.

Comments:

Oui, du mouvement un peu partout, mais éclipsé par le feuilleton Mbappé et la valse des joueurs en Arabie saoudite qui a pris pratiquement toute la place…
Merci Didier pour cette revue d’effectif.

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VINGINCES 8DAGONNETJ’avais écrit ça en à peine trois mois, en écrivain du dimanche. J’avais commencé un lundi, après un week-end avec des amis où on avait passé notre temps à picoler et à se raconter entre deux fous rires des anecdotes et des souvenirs communs sur nos années passées à Paris, dans les années 70. J’allais avoir 30 ans et je m’étais réveillé la bouche pâteuse et la gueule de bois avec un sentiment de vide et de mélancolie qui exigeait, nécessité intérieure, que je me mesure à la page blanche, sous la tutelle supposée bienveillante de tous les auteurs que j’admirais. Ça s’appelait Réverbérations (d’après le titre d’un morceau du 13th Floor Elevators, groupe psychédélique texan), sous-titré Passés simples, et se voulait être une chronique des années 60 et 70 à travers l’itinéraire de quelques personnages dont les histoires finissaient par se rejoindre. Un manuscrit de 230 pages qu’il me fallait proposer aux professionnels de la profession, à savoir aux grandes maisons d’édition parisiennes, puisque les quelques éditeurs indépendants dont on m’avait parlé avaient déjà leurs parutions ficelées pour des années. C’est en tout cas ce qu’ils m’avaient tous dit. Mon ami Luc avait été l’un des premiers enthousiasmés par ce roman et il l’avait recommandé, en tant qu’auteur publié de quelques romans sur le Vietnam, à Simone Gallimard, directrice du Mercure de France, du Mercure François, comme disait le Cyrano de Rostand. La dame lui avait fait part de ses réticences, arguant que, si le roman avait des qualités indéniables, son langage jeune et un tantinet démagogique ne permettait pas une publication chez elle. À moins de revoir le manuscrit, sans donner la moindre indication pour ce faire. « Un bon brouillon », m’avait dit Luc, qui semblait d’accord avec elle, mais un brouillon quand même qu’il s’agissait de retravailler pour lui donner une forme publiable correspondant aux critères exigeants de l’édition. Je ne voyais pas trop par quoi commencer et les bras m’en tombaient lorsque je me mettais à retravailler, comme ils disaient, sans savoir exactement ce qu’il y avait à modifier. J’envoyais donc mon manuscrit tel quel chez les principaux éditeurs. Une dizaine de copies étaient tapies dans un grand sac de sport et j’arpentais le quartier de l’Odéon en frappant aux portes des doges de la république des lettres, de ceux qui décidaient si vous étiez un auteur digne d’être publié ou un écrivaillon condamné à n’écrire que pour ses tiroirs. Humble mortel, j’avais l’audace de m’en remettre au jugement des dieux et je ne fus pas déçu, recevant les unes après les autres des lettres de refus stéréotypées avec toujours les mêmes formules hypocrites. Un bon livre assurément, mais qui ne correspondait à aucune de leurs collections, ou qui n’avait pas reçu la majorité des avis positifs du comité de lecture avec des « malheureusement » à longueur de bras et des encouragements pour la suite. J’en étais venu à les collectionner. Ne voulant pas rester sur un échec, j’en avais commencé un autre, Les journées de plomb (en référence aux années de plomb italiennes), dans un genre différent. Un retraité que j’avais baptisé Adrien Ménard et qui passait son temps à aller aux putes et à supporter un club de football. L’intrigue, assez mince, tournait autour de son fils, gibier de psychiatrie mêlé à une tentative d’enlèvement d’un patron de choc. Quelque chose en phase avec la montée du Front National et les exploits d’Action Directe. Même punition, avec des lettres de refus en pagaille, pile trois mois après mes envois. On ne s’embarrassait même plus de formules de politesse et de petits mots de consolation. Le roman n’était tout simplement pas convaincant, faute d’une intrigue solide qui seule aurait pu lui donner de la consistance. J’avais fait appel à un haut placé de la CFDT qui connaissait du monde dans la maison d’édition proche du syndicat et il n’avait même pas daigné recommander mon manuscrit, pas convaincu lui non plus. Sauf que lui, je ne le savais pas critique littéraire. Déçu dans mes ambitions du même nom, je décidais d’en rester là quand mon ami Luc m’adressa une publicité émanant de la société Icare, qui se faisait fort de relire et de corriger les manuscrits qu’elle estimait publiables et, par ses relations avec les éditeurs, de les faire éditer moyennant quelques retouches sur la base de leurs précieux conseils. Tout cela évidemment moyennant aussi finance, car leurs services n’étaient pas gratuits, va sans dire. J’avais pris rendez-vous avec Yves Dagonnet, le directeur de ladite société. Dans les bureaux d’Icare, deux pièces obscures dans un immeuble de rapport du quartier latin. Dagonnet était un grand barbu débonnaire et volubile, avec un gros nez et un regard franc. Il verrait ce qu’il pouvait faire pour mon manuscrit, mon enfant de papier qui l’appelait au secours. Sa secrétaire, une jeune femme accorte au décolleté provoquant, nous servit le champagne et nous trinquâmes à ma réussite. Quinze jours plus tard, Dagonnet me renvoyait mon manuscrit avec ses propositions de réécriture, ses recommandations. Une dizaine de feuillets tapés à la machine où, chapitre par chapitre, paragraphe par paragraphe et ligne par ligne, il me proposait ses reformulations et ses corrections. Il me demandait également un chèque de 6000 francs pour ce travail avec l’assurance que, à condition de me conformer à ses prescriptions, le manuscrit serait publié dès la rentrée. Je profitais de quelques jours de vacances début juin pour revoir le manuscrit, en respectant les consignes. Avec les coupes, les conseils de réécriture pour certains passages, les innombrables notes en bas de page et les explications sur tout ce qui concernait les faits et les personnages de l’époque ; mon roman me paraissait formaté, banalisé, appauvri. Les 230 pages étaient passées à 300 mais j’avais la douloureuse impression d’avoir affadi une histoire qui perdait beaucoup de son intérêt, avec un approfondissement psychologique des personnages et des tas de précisions redondantes.

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