Les coupes d’Europe (Champions League, Europa et Conférence) des clubs et celles des nations (Euro et Coupe du monde alternativement tous les 4 ans) ne suffisaient pas. Il a fallu que l’UEFA et la FIFA agrandissent leurs terrains de jeu avec une Coupe des Confédérations, rebaptisée Ligue des Nations quitte à se confondre avec l’Euro et la Coupe du monde des clubs avec des équipes triées sur le volet (le Liverpool F.C n’y participait pas cette année). Le monde du football est devenu stakhanoviste : le plus de matchs possibles pour faire rentrer de nouveaux droits TV, la manne publicitaire, la billetterie et les produits dérivés. On se gave, jusqu’à l’apoplexie ?
Commençons par quelques chiffres qui en disent long sur les intérêts financiers en jeu. 1 milliard de dollars mis sur la table par la FIFA, des primes de participation pouvant aller jusqu’à 38 milliards de dollars et, pour le vainqueur, 110 millions. Ces chiffres sont en dollars car l’épreuve avait lieu aux États-Unis, en pleine chasse aux migrants menée par Trump et ses séides. Mais le football, c’est bien connu depuis au moins Thierry Roland, n’a rien à voir avec la politique.
Jusque-là, on désignait le club champion du monde à la suite d’un match aller-retour entre le vainqueur de la Coupe d’Europe des clubs champions et celui de la Copa America. Puis, les 7 fédérations (1 par continent grosso modo) ont organisé un mini-tournoi pour désigner le vainqueur. On avait ici 32 clubs se disputant ce titre resté honorifique sur le modèle des coupes d’Europe et du monde, des clubs ou des nations, à savoir poules de qualification et matchs à élimination directe à partir des 1/8° de finale. Soit pour les finalistes, la bagatelle de 7 matchs disputés en à peine un mois. Chelsea a écrasé le PSG en finale, on le sait, et a fait revenir le vainqueur de la Champion’s League aux dures réalités. Mais tout cela peut paraître anecdotique, tout aussi anecdotique que la volonté farouche de Donald Trump de ne pas lâcher les Blues d’une semelle pour être sur la photo. On parle, pour la prochaine édition, d’une coupe du monde des clubs à 48 équipes avec 12 poules de 4 pour commencer et des matchs de repêchage avant les phases finales. Le tout avec des équipes déjà bien émoussées après leur championnat et coupe nationales et les coupes d’Europe, sans compter les joueurs en sélections nationales. On achève bien les chevaux… Et on ne va pas pleurer non plus sur des milliardaires dont le salaire annuel peut se rapprocher du PIB de certains États de ce qu’on appelait jadis le tiers-monde.
Précisons quand même que le projet couvait depuis plusieurs années mais que les clubs n’en voulaient pas. Il a fallu l’insistance d’Infantino, le patron de la FIFA, allié au quatari du PSG Nasser El Khalaïfi, pour remporter le morceaux avec un tour de table des sponsors parmi lesquels Coca Cola, Bank Of America, le Chinois Hisense, le brasseur belge AB Inbev et le fond souverain saoudien, principal actionnaire de DAZN, la chaîne qui avait la quasi-exclusivité de la compétition. Rappelons quand même que l’Arabie Saoudite organisera la Coupe du monde en 2034, après l’Amérique du Nord (Mexique, États-Unis et Canada) pour 2026 et l’Espagne, Portugal et Maroc en 2030. L’Afrique remettra un pied dans l’organisation d’une coupe du monde, après l’Afrique du Sud en 2010.
Passons maintenant aux nations et à cette fameuse Ligue des nations, ex Coupe des Conférences. Là aussi, c’est du lourd. 54 équipes pour 184 matchs joués, le tout organisé cette fois par l’UEFA tous les deux ans, soit entre deux Euros. Le but initial était de baisser le nombre des matchs amicaux sans grand intérêt et de les remplacer par une compétition qui, certes, n’a pas le prestige de ses devancières, mais permets à des sélections nationales d’exhiber un trophée.
Cette année, c’est le Portugal qui a remporté le titre largement honorifique, devant l’Espagne qui avait battu les Bleus en demi-finale. Pour l’anecdote, la victoire des Portugais a été obtenue aux penalties et Morato, le joueur espagnol ayant manqué le sien, a reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux. C’est aussi cela, le football moderne, en plus du racisme, de l’homophobie et du sexisme.
Et les transferts ? Ce marché aux esclaves bis-annuel où les clubs sortent le portefeuille pour s’attacher les services des vedettes du jour. La période n’est pas terminée, loin s’en faut, et on sait que les plus grosses affaires se font la veille ou l’avant-veille de la clôture. Le money time, comme disent les spécialistes. On se contentera pour l’instant des transferts concernant les grandes équipes européennes, avant de se pencher sur l’hexagone la fois prochaine, avec une revue d’effectifs complète.
C’est le bomber de Leverkussen Florian Wirtz qui a donné le coup d’envoi, enrôlé par les Reds de Liverpool à peu près en même temps qu’ils perdaient leur attaquant portugais Jota, victime d’un accident mortel. Les Reds se sont aussi attachés les services de l’ex Rémois Ékitiké, passé par le PSG (où il n’a pratiquement pas joué) et l’Eintracht de Francfort. Reste à espérer que Ékitiké aura plus de temps de jeu là-bas qu’à Paris. Les Reds perdent leur défenseur historique Alexander-Arnold qui a opté pour le Real Madrid où il jouera probablement à la place de l’Allemand Rüdiger, partant. En revanche, ils n’ont pas su s’attacher les services de Isak, attaquant prodige qui restera probablement à Newcastle.
Le Real qui, après sa saison ratée, avait besoin de se renforcer. Outre Alexander-Arnold, les Merengue ont recruté le jeune prodige hollando-espagno Dean Huijsen, venu de Bornemouth après s’être illustré dans le Calcio. Gageons que le Real ne va pas en rester là mais c’est un beau début.
On est plus discrets chez l’autre grand d’Espagne, le Barça, qui ne fait parler de lui que pour son gardien Ter Stegen, blessé au dos et qui refuse de fournir ses radios à son club, estimant non sans raison que ces documents sont confidentiels. Pour Flick et les dirigeants catalans, tout ce qui importe est de savoir si oui ou non le bétail sera sur pied la saison prochaine. Plus près de la porte que de l’augmentation, en tout cas. On enregistre pour l’instant la venue de Rashford, venu d’Aston Villa.
Manchester City a perdu De Bruyne, parti à Naples rejoindre son compatriote Lukaku. Kyle Walker, le défenseur international, part, lui, au Milan A.C. Deux arrivées pour améliorer les Citizens de Gardiola, pas vraiment satisfait de la saison écoulée : le Néerlandais Reijnders venu du même Milan A.C et Rayan Cherki, la perle lyonnaise devenu une pièce maîtresse de l’équipe de France. Les Mancuniens pourront aussi compter sur Omar Marmousch, arrivé à l’intersaison de l’Eintracht Francfort.
Avec Walker, le Milan A.C a fait venir Luka Modric, aux abords de la quarantaine. Le rival milanais – l’Inter – doit se contenter (pour l’instant) de l’Uruguayen Satriano (ex Brest et Lens) et de l’ex Marseillais Luis Enriqué. Mais c’est la Juventus de Turin qui se montre la plus ambitieuse avec les renforts de Kalulu (ex Lyon), Conceiçao, la perle portugaise du F.C Porto et, last but not least, le Lillois Jonathan David.
Le Bayern perd Sané parti pour Galatasaray, mais se débarrasse aussi du jeune Tel et du Portugais Palinha, tous deux en partance pour Tottenham. Coman est aussi partant. Un seul renfort conséquent, le Colombien Diaz venu de Liverpool, sans oublier Jonathan Tha, venu de Leverkussen.
Et les Parisiens ? Peu de mouvements pour l’instant, mais quand on a la meilleure équipe du monde… Quelques départs de moindre importance comme Guedes ou Skriniar, qui de toute façon faisaient banquette, et la seule arrivée pour l’instant est celle du Lillois Chevalier , ce qui laisse à penser que Donnaruma ne restera probablement pas. Marquinhos a re signé, arrivé en fin de contrat et, pour l’anecdote, on assiste au retour de David Luiz au Pafos FC, un club chypriote, lui qui a écumé les plus grands clubs européens.
Du côté de Chelsea, on perd Joao Pedro qui part en Arabie Saoudite et on n’hésite pas à mettre sur la liste des transferts des joueur comme Di Sasi ou Sterling. Il se dit par ailleurs que Xavi Simons (Leipzig) pourrait venir à Stamford Bridge et que N’Kunku s’en irait. Un départ qui ne semble pas perturber l’entraîneur vedette de la saison dernière, Enzo Maresca . Champions du monde !
On termine par Arsenal avec des Gunners qui savourent l’arrivée de la pépite du Sporting Lisbonne Victor Gyökeres, en dépit du départ de Jorginho de retour au Brésil, à Flamengo.
On terminera en France, où on retournera la fois prochaine, juste pour signaler que Enzo Millot, le grand espoir français, quitte le VFB Stuttgart pour l’Arabie Saoudite quand le Niçois Guessand, lui, refuse une offre somptuaire de Neom (Arabie Saoudite) à 8,6 millions d’Euros par saison, pour une plus modeste rétribution à Aston Villa. Comme quoi, il n’y a pas que l’argent dans la vie…
6 août 2025