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FOOT PARADE

Pogba et Giroud ou le retour des enfants prodigues. Photo trouvée sur Internet.

On va se livrer à un exercice inhabituel. Un pronostic hasardeux pour la saison 2025 – 2026 de Ligue 1. De 1 (Paris Saint-Germain) à 18 (Le Havre), du premier au dernier, avec une marge d’erreur qui peut être importante, tant il y a toujours le club surprise de la saison (Strasbourg l’an dernier après Brest et Lens) comme il y a invariablement un gros qui se ramasse (Lyon la saison dernière ou Marseille il y a deux ans). C’est à la fin du marché qu’on compte les bouses, dit un proverbe paysan. On verra au soir de la dernière journée à quel point on s’est trompé. Pour parodier Pierre Dac, le pronostic est un art difficile, surtout lorsqu’il concerne l’avenir.

1. PARIS SAINT-GERMAIN FC

Le PSG est quelques classes au-dessus du lot depuis l’ère qatari. L’équipe a tout gagné la saison dernière et elle n’a raté que la Coupe du monde des clubs avec une humiliante défaite face aux Blues de Chelsea. Un accident ? Sinon, Chevalier (Lille) remplace Donnaruma (Manchester City) dans les buts, Kolo Muani, prêté à la Juve, rebondit à Tottenham. Plus Skriniar et Ascensio à Fenerbahce et Mukiele à Sunderland. Côté arrivées, Marin de la Roma et l’Ukrainien Zabarnyi venu de Bournemouth. La machine à gagner devrait se remettre en place et la seule question est de savoir si la cohabitation entre l’Ukrainien et le gardien remplaçant russe Salonov va bien se passer. Problèmes de riches.

2. AS MONACO

L’A.S Monaco a souvent été le dauphin du PSG, un petit côté Poulidor de la Ligue 1. Ça a toujours été du solide, avec un budget XXL et des joueurs de talent. Pas de folies cette année, Paul Pogba ressuscite sur le rocher et l’Anglais Dier (ex Bayern) vient renforcer une défense qui était un peu le défaut de la cuirasse. Sinon, il y a aussi le Belge de Séville Idumbo et Hradecky de Leverkussen. Au rayon départs, Embolo à Rennes, Ben Seghir à Leverkussen, Magassa à West Ham et Jakobs et Singo à Galatasaray. Mais les Monégasques gardent l’essentiel de leur effectif et surtout leur attaque canon.

3. LILLE OSC

On verrait bien le LOSC en troisième position, même si les ch’tis ont laissé quelques plumes au Mercato (Akpoum, Bakker, Cabella, Diakité, Gudmunsson, sans compter David et Zhegrova à la Juve et Angel Gomes à l’O.M). À mettre en balance avec les arrivées du vétéran Giroud, venu de Los Angeles, l’ancien marseillais M’Bemba, Perraud du Bétis Séville et quelques autres comme le Turc Özer ou le Néerlandais Verdonck. Et puis il y a la jeune garde avec Sarahoui ou Bouaddi, des talents qu’on a déjà pu repérer la saison dernière, mais qui devraient pleinement éclore cette année.

4. RC STRASBOURG

Strasbourg aura été la surprise de la saison dernière et son partenariat avec Chelsea n’y a pas été pour rien. C’est le club qui, cet été, a fait le plus parler de lui côté transferts. Presque une trentaine d’arrivées dont les Blues Chilwell, Saar et Samuel-Smith et presque autant de départs dont le gardien Petrovic à Chelsea (encore) Bakwa à Nottingham Forest et Diarra à Sunderland. Dernière minute, Enagha part à Chelsea. Les Alsaciens vont finir par parler couramment anglais. Une équipe impressionnante en tout cas.

5. OLYMPIQUE MARSEILLE

Toujours un club au bord de la crise de nerf après le licenciement de Rabiot (Milan AC) pour une rixe de vestiaire. Il ira rejoindre son collègue Bennacer. Luis Enriqué prend aussi la direction de Milan, mais à l’Inter quand Merlin et Rongier s’en vont à Rennes. Retour d’Aubameyang, du Marocain Aguerd plus Gomes Angel, Medina (Lens) et Weah (Juve), entre autres. Sans oublier Pavard venu du Milan AC. Un turnover permanent pour un effectif pléthorique. De Zerbi auras du mal à composer son équipe. Mais la Champions League devrait booster les Marseillais. Peu cher (si, quand même…).

6. OGC NICE

Une assez belle saison mais des fragilités. Les Aiglons perdent Bouanani (Stuttgart), Guessand (Aston Villa), Laborde et Bukla (Arabie Saoudite). L’ex Rémois Diouf arrive dans les buts, mais les recrues ne sont pas à la hauteur, si on excepte Jansson (Rapid Vienne) et Kevin (Lausanne). Mais Nice a conservé l’essentiel de son riche effectif et l’entraîneur Frank Haise a fait venir l’un de ses poulains de Lens (Abdul Samed) qui rejoindra son pays Jonathan Clauss, donné partant mais finalement non.

7. STADE RENNES

Toujours difficile de situer le Stade Rennais dans ce genre d’exercice. Capables du meilleur comme du pire (surtout du pire). Rennes a été au centre du Mercato avec des départs qui font mal (Truffert, Kalimuendo, Matusiwa, Assignon), mais des arrivées qui font du bien (Camara de Brest, Embolo, Frankowski, Le Paul, sans oublier les ex-Marseillais Merlin et Rongier). Une équipe qui a de la gueule, mais qui a trop habitué à décevoir.

8. RC LENS

Still est parti et c’est l’ex Lyonnais Sage qui mène la barque. Lens a perdu beaucoup lors du mercato d’hiver et les arrivées (Thauvin de l’Udinese, Udol de Metz, Abdulhamid de la Roma ou Satriano de l’Inter via Brest) sont intéressantes, sinon décisives. D’autant qu’on a une trentaine de départs, autant dire une kyrielle avec des joueurs comme N’Zola, Cortès, Lebeau-Lascary ou Kolayipou. Les Lensois auront du mal à tenir leur rôle d’outsiders, mais ils jouent toujours l’offensive et n’ont peur de rien.

9. TOULOUSE FC

Toulouse a fait une saison médiocre mais réalise un bon début de championnat. Là aussi beaucoup de départs (Canvot à Crystal Palace, Aboukhlal au Torino, Suazo à Séville, Sierro en Arabie Saoudite) et peu d’arrivées (le Slovaque Sauer et les Argentins Vignolo et Hidalgo). Des Argentins à Toulouse, ça sent le tango et Carlos Gardel, avec un entraîneur espagnol. Ô Toulouse…

10. OLYMPIQUE LYON

Lyon a connu la grande lessive, menacé de relégation en Ligue 2 puis sauvé à la suite d’on ne sait quelle acrobatie financière avec interdiction de recrutement et baisse drastique de la masse salariale. Une vingtaine de départs et non des moindres (Lacazette, Mikaukadzé, Cherki, Almada, Veretout…) et quand même quelques arrivées dont Morton de Liverpool, Turner de Nottingham Forest et surtout Karabec (Sparta Prague) et Sulc (Pilzen), le tout pour un montant de 65 millions d’Euros. Pas mal pour un club interdit de recruter.

11. STADE BREST

Après un bon parcours en coupe d’Europe l’an dernier et un championnat exceptionnel il y a deux ans, on voit mal Brest à pareille fête cette saison. Bizot, Camara, Faivre, Pereira-Lage, Haïdara, Fernandes et surtout Lees-Melou (Paris FC) pour les départs et pas grand-chose à se mettre sous la dent côté arrivée (Tousart de l’Union Berlin et Chotard de Montpellier). Les Bretons sont, comme beaucoup d’autres, victimes de la réduction drastique des droits télé. Retour à la normale, à marée basse.

12. FC NANTES

Là aussi une flopée de départs dont Pallois à Reims et surtout Moses Simon au Paris FC, sans parler de Douglas-Augusto à Krasnovar. Le Coréen (du sud) Hong arrive de Mayence et le Nigérien Awaziem revient des États-Unis. Les Canaris vont souffrir, même avec Luis Castro sur le banc, celui qui avait fait des miracles avec l’US Dunkerque.

13. PARIS FC

C’est un peu l’inverse avec le club dont la famille Arnault est propriétaire à 52 %. Pléthore d’arrivées et non des moindres (Geubbels, Ikoné, Sanghi, Otavio, Lees-Melou, Simon, Traoré, Trapp…) et des départs insignifiants. Le Paris FC jouera au Stade Jean Boin, plus à Charletty, et Arnault et Ferracci ont mis la main au portefeuille pour que le PFC puisse se maintenir, en attendant mieux, beaucoup mieux…

14. FC LORIENT

Promu en étant resté toute la saison en tête de la Ligue 2, les Merlus avancent prudemment. Quelques départs dont Formose Mendy à Watford ou Kroupi à Bournemouth et un recrutement plutôt niveau Ligue 2. Pas sûr que ça suffise, mais il y aura pire.

15. SCO ANGERS

Angers par exemple, avec quasiment aucune arrivée (Mouton de Saint-Étienne et Koffi, gardien remplaçant à Lens). 13 départs dont Esteban Le Paul (Rennes), mais aussi Fofana, Ferhat, Diony, Aholou, El Melali, Hountoundji, Nane, Hunou… Autant de joueurs qui étaient titulaires l’année dernière. Même si on sait les Angevins accrocheurs, ça se présente plutôt mal.

16. FC METZ

Pareil pour Metz, qui a serré les cordons de la bourse. Montés à l’issue des barrages, les Messins perdent une bonne partie de l’effectif avec des joueurs clé comme Udol ou Van De Kerkhof. Habib Diallo revient au pays après l’Arabie Saoudite et Ballo Touré va finir sa carrière en Lorraine. Plus le Gabonais Mboula venu de Turquie. Metz est bien reparti pour faire l’ascenseur.

17. AJ AUXERRE

Auxerre aura été l’une des surprises de l’année dernière, avec un classement honorable et peu de moyens. On a beaucoup parlé de l’affaire Sinayoko qui va finalement rester, mais pas grand-chose à signaler côté arrivée si ce n’est peut-être Casimir (Le Havre) ou Sierralta (Watford). À côté de ça, Auxerre perd une vingtaine de joueurs dont Perrin, Ayé, Joly, Jubal ou Blair, soit les fleurons de la saison dernière. Austérité et économies. Comme disait Guy Roux, faut pas gâcher.

18.  LE HAVRE AC

Les Havrais ont fait la nique au Stade de Reims dans la dernière journée de championnat. Un penalty au bout des arrêts de jeu à Strasbourg et le cauchemar rémois. Ce n’est pas pour cela qu’on place les Havrais en dernier. Là aussi, des départs en pagaille dont Joujou (Parme) ou Pembélé (Sunderland) et des arrivées peu probantes comme Delaine (ex Strasbourg, en fin de carrière) ou Khadra (ex Reims), toujours relevant de blessure. Comme l’an dernier, on ne donnait pas cher de leur peau et, comme l’an dernier, ils vont peut-être s’en sortir. Tout le mal qu’on leur souhaite.

Voilà, on en a terminé avec ce tour de France des clubs de Ligue 1. Peut-être la Ligue 2 la fois prochaine, puisque le Stade de Reims y évolue. Une saison en enfer, ou plusieurs ? À moins qu’on ne parle de ces clubs détenus en partie par des sociétaires (ces fameux « socios » espagnols), un phénomène récent en France qui vise à sortir du foot-fric. Autant dire que ce n’est pas gagné.

3 septembre 2025

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VINGINCES 8DAGONNETJ’avais écrit ça en à peine trois mois, en écrivain du dimanche. J’avais commencé un lundi, après un week-end avec des amis où on avait passé notre temps à picoler et à se raconter entre deux fous rires des anecdotes et des souvenirs communs sur nos années passées à Paris, dans les années 70. J’allais avoir 30 ans et je m’étais réveillé la bouche pâteuse et la gueule de bois avec un sentiment de vide et de mélancolie qui exigeait, nécessité intérieure, que je me mesure à la page blanche, sous la tutelle supposée bienveillante de tous les auteurs que j’admirais. Ça s’appelait Réverbérations (d’après le titre d’un morceau du 13th Floor Elevators, groupe psychédélique texan), sous-titré Passés simples, et se voulait être une chronique des années 60 et 70 à travers l’itinéraire de quelques personnages dont les histoires finissaient par se rejoindre. Un manuscrit de 230 pages qu’il me fallait proposer aux professionnels de la profession, à savoir aux grandes maisons d’édition parisiennes, puisque les quelques éditeurs indépendants dont on m’avait parlé avaient déjà leurs parutions ficelées pour des années. C’est en tout cas ce qu’ils m’avaient tous dit. Mon ami Luc avait été l’un des premiers enthousiasmés par ce roman et il l’avait recommandé, en tant qu’auteur publié de quelques romans sur le Vietnam, à Simone Gallimard, directrice du Mercure de France, du Mercure François, comme disait le Cyrano de Rostand. La dame lui avait fait part de ses réticences, arguant que, si le roman avait des qualités indéniables, son langage jeune et un tantinet démagogique ne permettait pas une publication chez elle. À moins de revoir le manuscrit, sans donner la moindre indication pour ce faire. « Un bon brouillon », m’avait dit Luc, qui semblait d’accord avec elle, mais un brouillon quand même qu’il s’agissait de retravailler pour lui donner une forme publiable correspondant aux critères exigeants de l’édition. Je ne voyais pas trop par quoi commencer et les bras m’en tombaient lorsque je me mettais à retravailler, comme ils disaient, sans savoir exactement ce qu’il y avait à modifier. J’envoyais donc mon manuscrit tel quel chez les principaux éditeurs. Une dizaine de copies étaient tapies dans un grand sac de sport et j’arpentais le quartier de l’Odéon en frappant aux portes des doges de la république des lettres, de ceux qui décidaient si vous étiez un auteur digne d’être publié ou un écrivaillon condamné à n’écrire que pour ses tiroirs. Humble mortel, j’avais l’audace de m’en remettre au jugement des dieux et je ne fus pas déçu, recevant les unes après les autres des lettres de refus stéréotypées avec toujours les mêmes formules hypocrites. Un bon livre assurément, mais qui ne correspondait à aucune de leurs collections, ou qui n’avait pas reçu la majorité des avis positifs du comité de lecture avec des « malheureusement » à longueur de bras et des encouragements pour la suite. J’en étais venu à les collectionner. Ne voulant pas rester sur un échec, j’en avais commencé un autre, Les journées de plomb (en référence aux années de plomb italiennes), dans un genre différent. Un retraité que j’avais baptisé Adrien Ménard et qui passait son temps à aller aux putes et à supporter un club de football. L’intrigue, assez mince, tournait autour de son fils, gibier de psychiatrie mêlé à une tentative d’enlèvement d’un patron de choc. Quelque chose en phase avec la montée du Front National et les exploits d’Action Directe. Même punition, avec des lettres de refus en pagaille, pile trois mois après mes envois. On ne s’embarrassait même plus de formules de politesse et de petits mots de consolation. Le roman n’était tout simplement pas convaincant, faute d’une intrigue solide qui seule aurait pu lui donner de la consistance. J’avais fait appel à un haut placé de la CFDT qui connaissait du monde dans la maison d’édition proche du syndicat et il n’avait même pas daigné recommander mon manuscrit, pas convaincu lui non plus. Sauf que lui, je ne le savais pas critique littéraire. Déçu dans mes ambitions du même nom, je décidais d’en rester là quand mon ami Luc m’adressa une publicité émanant de la société Icare, qui se faisait fort de relire et de corriger les manuscrits qu’elle estimait publiables et, par ses relations avec les éditeurs, de les faire éditer moyennant quelques retouches sur la base de leurs précieux conseils. Tout cela évidemment moyennant aussi finance, car leurs services n’étaient pas gratuits, va sans dire. J’avais pris rendez-vous avec Yves Dagonnet, le directeur de ladite société. Dans les bureaux d’Icare, deux pièces obscures dans un immeuble de rapport du quartier latin. Dagonnet était un grand barbu débonnaire et volubile, avec un gros nez et un regard franc. Il verrait ce qu’il pouvait faire pour mon manuscrit, mon enfant de papier qui l’appelait au secours. Sa secrétaire, une jeune femme accorte au décolleté provoquant, nous servit le champagne et nous trinquâmes à ma réussite. Quinze jours plus tard, Dagonnet me renvoyait mon manuscrit avec ses propositions de réécriture, ses recommandations. Une dizaine de feuillets tapés à la machine où, chapitre par chapitre, paragraphe par paragraphe et ligne par ligne, il me proposait ses reformulations et ses corrections. Il me demandait également un chèque de 6000 francs pour ce travail avec l’assurance que, à condition de me conformer à ses prescriptions, le manuscrit serait publié dès la rentrée. Je profitais de quelques jours de vacances début juin pour revoir le manuscrit, en respectant les consignes. Avec les coupes, les conseils de réécriture pour certains passages, les innombrables notes en bas de page et les explications sur tout ce qui concernait les faits et les personnages de l’époque ; mon roman me paraissait formaté, banalisé, appauvri. Les 230 pages étaient passées à 300 mais j’avais la douloureuse impression d’avoir affadi une histoire qui perdait beaucoup de son intérêt, avec un approfondissement psychologique des personnages et des tas de précisions redondantes.

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