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MÉDIATONIQUES 5

QUELQUES OASIS : MÉDIAS LIBRES ET PRESSE PAS PAREILLE

Dessin de LB dans Siné Mensuel, bientôt en vente nulle part.

Depuis le temps qu’on vous la promettait, cette recension toute subjective des médias fréquentables, de la presse en ligne et de la presse pas pareille, celle qui résiste contre vents et marées pour nous donner des informations qu’on ne risque pas de trouver ailleurs, dans les gazettes lénifiantes ou dans les radios et télés mainstream. Juste préciser que c’est un choix qui a sa part d’arbitraire et qu’il y a sûrement des oublis. En tout cas, les médias cités ici ont tous la particularité de ne pas baisser les bras et ne pas se résoudre au libéralisme autoritaire ambiant.

On passe sur Politis, hebdomadaire indépendant et engagé dont on vous a abondamment parlé l’autre fois et on va commencer par la presse papier, celle qui doit se battre pour sa survie, concurrencée par la presse en ligne et les réseaux sociaux avec des coûts de plus en plus élevés (papier notamment) et une diffusion de plus en plus aléatoire (de moins en moins de points de vente et La poste qui distribue un jour sur deux). Résultat, des lecteurs qui vont voir ailleurs et des ventes qui s’effondrent.

On peut d’abord parler des journaux de contre-information régionale dont les pionniers auront été Le clampin libéré à Lille ou La criée à Marseille. On a maintenant La brique, plutôt anar et toujours féroce à Lille, Le Postillon, tendance écolo radical à Grenoble, Le Ravi dans le genre satirique et insolent à Marseille et La lettre à Lulu (pour Lu, Lefebvre Utile comme les biscuits), animé par l’ex-journaliste de Libération Nicolas de la Casinière, à Nantes.

De Marseille, mais pas spécialement régionaliste, on a aussi CQFD, mensuel libertaire qui s’intéresse surtout aux questions de société dans une perspective de transformation sociale. On ne va pas dire qu’on est fou de ce canard, mais il a le mérite d’exister.

Les mêmes villes, plus Lyon et Toulouse, sont couvertes par le média local d’informations en ligne Médiacités, anciennement piloté par l’ex-journaliste de L’Express Jacques Trentesaux, avec des enquêtes minutieuses et des journalistes d’investigation fouineurs. Médiacités a lancé dernièrement une campagne de dons pour couvrir les frais que lui coûtent les procès bâillon que lui ont intenté entreprises privées et pouvoirs publics. Preuve qu’ils font du bon boulot, même si ce média est parfois controversé.

Dans le genre, on oubliera pas Le Fakir (ou encore Ch’tiot Fakir) de François Ruffin, le fatal picard , avec une rédaction qui, outre ses analyses politiques, propose des enquêtes sur Amiens et la Somme. Fakir a eu d’illustres prédécesseurs comme Le plan B (après PLPL Pour Lire Pas Lu), de Gilles Balbastre, un bimestriel furieux et vachard dont on a encore la nostalgie.

Parmi les pionniers de la presse dite « pas pareille », on peut citer Silence, journal écologiste critique de la croissance et du progrès technique. Des dossiers souvent intéressants et toujours des questionnements pertinents. L’âge de faire a aussi trouvé sa place parmi cette presse écolo-contestataire avec, comme son nom l’indique, une volonté de proposer des alternatives et d’encourager les résistances au système libéral-croissantiste. Puisqu’on parle croissance, comment ne pas évoquer La décroissance, un journal qui a toujours milité pour une société de décroissance heureuse débarrassée de la course aux profits, de l’hyper production, de la consommation de masse et de la technologie censée nous apporter des solutions à tous nos problèmes. Toujours piloté par Vincent Cheynet, La décroissance s’est largement fait l’écho des thèses de Paul Ariès (dont on regrette toujours Le Sarkophage du temps de Sarkozy) et de Serge Latouche.

Puisqu’on parle décroissance et critique de la technique, on peut aussi inclure dans cette sélection PMO, pour Pièces et Main-d’œuvre. Un site implanté à Grenoble résolument anti-technique en s’inspirant des thèses de Jacques Ellul et qui alerte régulièrement sur le trans-humanisme et toutes les théories solutionnistes portées par la technocratie des pouvoirs politiques et de l’industrie. PMO est le dernier survivant de l’épopée situationniste, fondé par Jaime Semprun, situationniste de la dernière heure toujours fidèle à Guy Debord et à ses textes écologiques écrits après la dissolution de l’Internationale Situationniste, en 1972.

Peut-être moins radicaux mais tout aussi acharnés contre la prédation capitalistes et ses désastres écologiques, on peut retenir les médias en ligne que sont Reporterre, fondé par Hervé Kempf, ancien journaliste du Monde jugé trop militant (c’est un motif de renvoi pour le Quotidien vespéral des marchés) et Bastamag, lancé par Agnès Rousseaux, plus axé sur les contre-projets et les modes de vie alternatifs. À noter que Agnès Rousseaux a été la directrice de la rédaction de Politis et que plusieurs journalistes de Bastamag (anciennement Basta!) sont passés par l’hebdomadaire.

On ne vous fera pas l’injure de vous présenter Le Monde Diplomatique, d’abord supplément du Monde depuis 1954 qui a pris son autonomie dans les années 1970 avec Claude Julien comme directeur de la publication. C’est au milieu des années 1980 que le Diplo coupera le cordon avec Le Monde alors sous la direction de Jean-Marie Colombani. Ignacio Ramonet, Bernard Cassen, Serge Halimi, Dominique Vidal et Alain Gresh sauront faire du Diplo le porte-drapeau de l’altermondialisme (Attac a été fondé après un éditorial de Ramonet en décembre 1997), anti-libéral et critique de la démocratie bourgeoise. D’aucuns lui reprocheront une dérive social-populiste sous l’influence de Serge Halimi et de Pierre Rimbert, mais Le Diplo reste une source d’information riche pour qui s’intéresse à l’actualité internationale et aux tensions géo-politiques.

Un peu comme le vieux Courrier International, même si le principe est différent avec des contributions de journalistes de la presse étrangère compilés par un comité de rédaction. Là aussi, le passionné du domaine « étranger » si négligé dans les médias dominants y trouvera largement son compte.

Laissons tomber L’Humanité et Le Canard Enchaîné, toujours lisibles, mais pas spécialement appropriés à cette chronique. Le Canard irrite par ses côtés anti-impôts, anti-écolos (malgré Jean-Luc Porquet qui leur sert de caution), pro-bagnole et son Mélenchon bashing permanent, mais passons. Parlons plutôt, dans le genre institution, d’Alternatives économiques, mensuel qui pourfend depuis longtemps la propagande des économistes classiques au service du capital, même si la matière austère du journal le rapproche parfois d’un L’Expansion, de gauche. Et puis bien sûr Charlie Hebdo dont on parlera abondamment dans la prochaine chronique Médiatoniques sous le titre « J’étais Charlie ».

Les premiers journaux en ligne sont aujourd’hui disparus : Bakchich fondé par Nicolas Beau, un ancien du Canard justement, ou Rue 89, fondé par le journaliste de Libération, aujourd’hui à France Inter, Pierre Haski. Seul Médiapart, lancé à la même époque par Edwy Plenel et Laurent Mauduit, tient le coup et fait mieux que survivre, avec des abonnements lui permettant largement de mener des enquêtes défrayant la chronique. On se souvient des comptes en Suisse d’un Cahuzac, une enquête pugnace de Fabrice Arfi qui reste le haut fait du journal, mais on pourrait citer dans le même genre des dizaines d’enquêtes scrupuleuses et d’investigations pugnaces qui ont fait trembler les pouvoirs.

Le Média a été un temps l’organe de la France Insoumise, mais il s’en est détaché en restant sujet à des polémiques incessantes sur certains aspect de son traitement de l’actualité. À l’origine, Thomas Guénolé, Gérard Miller et Sophia Chikirou ont été aux commandes avant Aude Lancelin puis Denis Robert, tous deux démissionnaires. Le Média est devenu une SCIC, visible sur U Tube, toujours résolument à gauche et toujours sous le feu des critiques.

Puisqu’on parle de Denis Robert, impossible de ne pas parler de Blast, fondé par lui et Élise Vanbeneden, cofondatrice d’Anticor. C’est sûrement la web TV la plus intéressante du moment avec à l’origine des journalistes comme David Dufresne, Gaspard Glanz ou Gaël Giraud, plus des guest-stars comme Bruno Gaccio, Pablo Servigne ou l’éditeur Florent Massot. Blast reste sur une ligne antifasciste et combat les violences policières, prenant le parti des quartiers et des classes populaires. Dans le genre, on a aussi Les Jours ou Streetpress, qui ont leurs fans du côté des antifas.

Là-bas si j’y suis, vieille émission de France Inter animée par Daniel Mermet, continue de proposer une vision pertinente et grinçante de l’actualité et on pourrait lui rapprocher l’information en ligne de Arrêt sur image de Daniel Schneiderman, ancienne émission de France Télévisions supprimée brutalement. Une critique des médias qui rejoint celle d’Acrimed (Action Critique Médias), déjà une institution luttant depuis des lustres contre la désinformation, pour une presse libre et des médias indépendants. On pourrait aussi citer AOC (Analyse Opinion Critique) de l’ex Inrockuptible Sylvain Bourmeau dans le domaine des idées ou le Bondy Blog, voix des banlieues, mais la place manque. On a aussi The Conversation, média en ligne concocté par des chercheurs et des universitaires. Bof.

Juste un mot sur Siné Mensuel, avec les dessinateurs qu’on aime et des articles pas toujours à la hauteur des dessins. Enfin, il y a quand même Willem, Delfeil De Ton et la bande à Charline avec Guillaume Meurice. Plus des frappés comme Noël Godin ou Berroyer. Siné Mensuel qui publiera son dernier numéro le mois prochain. Snif quand même.

À la télé lambda, rien à voir si ce n’est le Groland, toujours visible sur Canal + à des horaires de plus en plus fugaces. Les meilleures émissions sont visibles sur des chaînes confidentielles comme Public Sénat ou LCP. Reste Arte, même si son positionnement politique atlantiste et social-libéral peut parfois irriter.

À la radio, pas grand-chose non plus se mettre sous l’oreille. On ne parle pas des médias locaux qui font ce qu’ils peuvent (ici Campus, Boomerang ou Pastel), toutes ces radios associatives menacées par la rigueur budgétaire mais qui contribuent grandement au lien social et à l’éducation populaire.

Sinon, il y a Radio Nova, radio fondée par les anciens d’Actuel et reprise par le banquier Pigasse, avec quelques émissions intéressantes (dont récemment La dernière de Guillaume Meurice) et toujours France Culture qui, malgré un 7-9 énervant et certaines émissions où la cuistrerie le dispute au pédantisme, reste toujours une valeur sûre.

Voilà, tour d’horizon loin d’être exhaustif, on l’a dit. Juste quelques oasis dans un désert de stupidité, d’aliénation et de conformisme. Turn on, tune in and stay tuned !

29 décembre 2024

Comments:

J’apprends donc ici, avec beaucoup de tristesse, que Siné Mensuel va tirer son dernier numéro le mois prochain. Ceci m’attriste d’autant plus que, de 1967 à 1971, Maud Sinet était ma meilleure amie quand nous étions étudiants à Nanterre, et que son père n’était autre que Siné, l’auteur de la fameuse collection de dessins humoristes sur les chats qui l’avait rendu célèbre, mais qui était aussi un engagé politique d’extrême gauche redouté. Siné Mensuel est donc mon dernier lien vivant de ces jours où, quand j’allais chez Maud en 1968, Siné et Wolinski concoctaient L’Enragé, et que nous passions des nuits folles au vin rouge à refaire le monde dans la cuisine de l’hôtel particulier où Siné vivait rue de Clichy, et où je passais plus de temps que chez mes parents …

Je voudrais aussi ajouter que, après quelques minutes de rappel, je me rends compte que Maud, Siné, Annik (la mère de Maud), et Wolinski sont tous décédés maintenant, et que la fermeture de Siné Mensuel n’est qu’une suite logique qui conclue une période qui nous engloutit tous inexorablement petit à petit. « Place aux jeunes » disions-nous alors, et donc place aux jeunes maintenant que leur tour est arrivé.

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VINGINCES 8DAGONNETJ’avais écrit ça en à peine trois mois, en écrivain du dimanche. J’avais commencé un lundi, après un week-end avec des amis où on avait passé notre temps à picoler et à se raconter entre deux fous rires des anecdotes et des souvenirs communs sur nos années passées à Paris, dans les années 70. J’allais avoir 30 ans et je m’étais réveillé la bouche pâteuse et la gueule de bois avec un sentiment de vide et de mélancolie qui exigeait, nécessité intérieure, que je me mesure à la page blanche, sous la tutelle supposée bienveillante de tous les auteurs que j’admirais. Ça s’appelait Réverbérations (d’après le titre d’un morceau du 13th Floor Elevators, groupe psychédélique texan), sous-titré Passés simples, et se voulait être une chronique des années 60 et 70 à travers l’itinéraire de quelques personnages dont les histoires finissaient par se rejoindre. Un manuscrit de 230 pages qu’il me fallait proposer aux professionnels de la profession, à savoir aux grandes maisons d’édition parisiennes, puisque les quelques éditeurs indépendants dont on m’avait parlé avaient déjà leurs parutions ficelées pour des années. C’est en tout cas ce qu’ils m’avaient tous dit. Mon ami Luc avait été l’un des premiers enthousiasmés par ce roman et il l’avait recommandé, en tant qu’auteur publié de quelques romans sur le Vietnam, à Simone Gallimard, directrice du Mercure de France, du Mercure François, comme disait le Cyrano de Rostand. La dame lui avait fait part de ses réticences, arguant que, si le roman avait des qualités indéniables, son langage jeune et un tantinet démagogique ne permettait pas une publication chez elle. À moins de revoir le manuscrit, sans donner la moindre indication pour ce faire. « Un bon brouillon », m’avait dit Luc, qui semblait d’accord avec elle, mais un brouillon quand même qu’il s’agissait de retravailler pour lui donner une forme publiable correspondant aux critères exigeants de l’édition. Je ne voyais pas trop par quoi commencer et les bras m’en tombaient lorsque je me mettais à retravailler, comme ils disaient, sans savoir exactement ce qu’il y avait à modifier. J’envoyais donc mon manuscrit tel quel chez les principaux éditeurs. Une dizaine de copies étaient tapies dans un grand sac de sport et j’arpentais le quartier de l’Odéon en frappant aux portes des doges de la république des lettres, de ceux qui décidaient si vous étiez un auteur digne d’être publié ou un écrivaillon condamné à n’écrire que pour ses tiroirs. Humble mortel, j’avais l’audace de m’en remettre au jugement des dieux et je ne fus pas déçu, recevant les unes après les autres des lettres de refus stéréotypées avec toujours les mêmes formules hypocrites. Un bon livre assurément, mais qui ne correspondait à aucune de leurs collections, ou qui n’avait pas reçu la majorité des avis positifs du comité de lecture avec des « malheureusement » à longueur de bras et des encouragements pour la suite. J’en étais venu à les collectionner. Ne voulant pas rester sur un échec, j’en avais commencé un autre, Les journées de plomb (en référence aux années de plomb italiennes), dans un genre différent. Un retraité que j’avais baptisé Adrien Ménard et qui passait son temps à aller aux putes et à supporter un club de football. L’intrigue, assez mince, tournait autour de son fils, gibier de psychiatrie mêlé à une tentative d’enlèvement d’un patron de choc. Quelque chose en phase avec la montée du Front National et les exploits d’Action Directe. Même punition, avec des lettres de refus en pagaille, pile trois mois après mes envois. On ne s’embarrassait même plus de formules de politesse et de petits mots de consolation. Le roman n’était tout simplement pas convaincant, faute d’une intrigue solide qui seule aurait pu lui donner de la consistance. J’avais fait appel à un haut placé de la CFDT qui connaissait du monde dans la maison d’édition proche du syndicat et il n’avait même pas daigné recommander mon manuscrit, pas convaincu lui non plus. Sauf que lui, je ne le savais pas critique littéraire. Déçu dans mes ambitions du même nom, je décidais d’en rester là quand mon ami Luc m’adressa une publicité émanant de la société Icare, qui se faisait fort de relire et de corriger les manuscrits qu’elle estimait publiables et, par ses relations avec les éditeurs, de les faire éditer moyennant quelques retouches sur la base de leurs précieux conseils. Tout cela évidemment moyennant aussi finance, car leurs services n’étaient pas gratuits, va sans dire. J’avais pris rendez-vous avec Yves Dagonnet, le directeur de ladite société. Dans les bureaux d’Icare, deux pièces obscures dans un immeuble de rapport du quartier latin. Dagonnet était un grand barbu débonnaire et volubile, avec un gros nez et un regard franc. Il verrait ce qu’il pouvait faire pour mon manuscrit, mon enfant de papier qui l’appelait au secours. Sa secrétaire, une jeune femme accorte au décolleté provoquant, nous servit le champagne et nous trinquâmes à ma réussite. Quinze jours plus tard, Dagonnet me renvoyait mon manuscrit avec ses propositions de réécriture, ses recommandations. Une dizaine de feuillets tapés à la machine où, chapitre par chapitre, paragraphe par paragraphe et ligne par ligne, il me proposait ses reformulations et ses corrections. Il me demandait également un chèque de 6000 francs pour ce travail avec l’assurance que, à condition de me conformer à ses prescriptions, le manuscrit serait publié dès la rentrée. Je profitais de quelques jours de vacances début juin pour revoir le manuscrit, en respectant les consignes. Avec les coupes, les conseils de réécriture pour certains passages, les innombrables notes en bas de page et les explications sur tout ce qui concernait les faits et les personnages de l’époque ; mon roman me paraissait formaté, banalisé, appauvri. Les 230 pages étaient passées à 300 mais j’avais la douloureuse impression d’avoir affadi une histoire qui perdait beaucoup de son intérêt, avec un approfondissement psychologique des personnages et des tas de précisions redondantes.

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