SAN ANTONIO – TREMPE TON PAIN DANS LA SOUPE /TÊTE ET SACS DE NŒUDS / LE BAL DES ROMBIÈRES – Fleuve noir

Trois San Antonio pour le prix d’un, histoire d’égayer une rentrée morose ou maussade, comme on dit à Tel-Aviv (voilà que je me mets à faire du San Antonio). Trois San Antonio tardifs, puisque le premier date de 1999 (le bougre est décédé en 2000) et annonçait une suite qui est son avant-dernier livre. Le deuxième date de 1991 et le troisième, exceptionnellement un gros qui fait ses 350 pages, de 1990.
On ne va pas entrer dans le détail et on se contentera de résumer à gros traits. Tout d’abord, dans Trempe ton pain, San-A n’est plus directrice de la police et c’est un dénommé Mouchekhouil qui a pris la place, ce qui n’empêche pas l’ex de continuer à mener ses enquêtes. Jérémie Blanc, le natif du Sénégal, a remplacé Pinaud depuis longtemps et seul reste fidèle le fameux Bérurier. Bérurier et sa famille, puisque Marie-Marie, la musaraigne, a enfanté des œuvres de San Antonio une petite fille baptisée Antoinette et, trois ans plus tard, le seul amour de San-A revient chez sa Félicie pour revoir le géniteur de sa fille. San-A est père et les joies de la paternité l’illuminent.
Pour l’histoire, Pamela Grey, une jeune américaine fille d’un magnat du blé, va faire un voyage à Londres avec sa copine. Elle se retrouve à Paris pour signaler la disparition de sa compagne de voyage et est projetée sur les voies de la gare du Nord du haut d’une plateforme. Son père est victime d’un accident d’avion où il trouve la mort avec son associé et homme de main Los Hamoel. La fille, gravement blessée, est hospitalisée mais on vient la trucider sur son lit de douleur. À la gare, un gamin a tout vu et miss Grey a été poussée sur les voies. Un autre témoin échappe à la mort et San-A sent qu’il a à faire à des gens organisés et dangereux.
L’enquête emmène le trio à Miami où l’ex Madame Grey occupe une villa somptueuse, mais elle est assassinée par des truands que San-A soupçonnent d’être les mêmes qui ont sévi à Paris. Il ne se trompe pas (c’est San Antonio quand même), et Sancha Panço, un tex-mex désormais maître des lieux, n’a même pas le temps de lui expliquer de quoi il retourne puisqu’il est assassiné à son tour. On retrouve Hamoel, qu’on croyait mort dans l’accident d’avion, acoquiné avec les truands qui finiront quand même par le tuer.
S’ensuit des hostilités à coups de poing (où Béru est d’un grand secours) ou à coups de revolver dans la villa, dans un bateau ou dans la Lincoln des malfrats. La fille qui avait accompagné Miss Grey dans son voyage en Europe est retrouvée avec les malfaiteurs et, lorsque tout le monde a été occis ou neutralisé, elle se met à table et parle de Mister Blood, un roi de la pègre américaine qui voulait faire main basse sur l’empire et la fortune de Grey. San-A, Béru et Blanc sont repartis en France via le Canada, mais la vengeance de Mister Blood sera terrible et la suite au prochain numéro intitulé Lâche-le, il tiendra tout seul. Pas lu.
On passe à l’autre, sans transition. Le 150° San Antonio, c’est écrit sur la couverture. Il y en a 175 au total, sans parler des hors-série et romans qui doivent lui faire passer largement la barre des 200. L’égal d’un Simenon, au moins pour la quantité. Pour le reste, on dira que c’est pas le même genre.
San Antonio et le vieux se rendent chez un chef des services secrets, Durdelat. Il a une mission à confier à San-A, récupérer un caisson de ciment en Laponie contenant du factotum exubérant, un matériau qui détruit le fer. C’est Strogonoff, un savant russe dissident, traqué par le KGB, qui a dû laisser là cette caisse qu’il s’apprêtait à convoyer vers l’occident. C’est une infirmière finlandaise qui a su l’histoire par Strogonoff lui-même, confiant son aventure sur son lit de mort à Rovianemi. Les Russes sont sur le coup et l’infirmière, qui a alerté les services français, est suivie. Reste à retrouver l’endroit décrit par feu Strogonoff avec les Russes qui stationnent dans les parages.
San-A persuade Berthe Bérurier de l’accompagner avec Béru et leur fils Apollon-Jules. Il s’agit de faire croire à une équipée familiale vers le pôle Nord en camping-car. Des Français moyens qui font le voyage de leur vie. En chemin, ils prennent un auto-stoppeur qui va vers Bruxelles : c’est Félix, l’anar misanthrope à la queue hors norme. Berthe lui blesse le sexe en voulant ouvrir sa braguette coincée avec un couteau, histoire de revoir la bête. Félix, qui devait retrouver sa belle à Bruxelles, hurle.
Ladite belle, Irma Ladousse, veut suivre l’ équipée du Cap Nord après un coït avec San-A qui a suppléé Félix blessé, au pied levé, si on peut dire. Le couple Félix – Irma est semé par la caravane qui atteint une étendue d’arbres morts. Difficile de jouer les touristes dans ce cadre lugubre et San-A fait semblant de peindre avant de découvrir, à l’emplacement du caisson convoité, le cadavre de la Finlandaise du début. Tout ça pour ça…
Un garde-pêche s’en prend à San Antonio et le commissaire décide de s’en servir pour son enquête au point mort. Avec un sérum de vérité, il lui fait raconter tout ce qu’il a pu voir depuis sa baraque en forêt, de Strogonoff à l’infirmière. Apollon-Jules est donné pour mort, noyé dans le lac, et les Béru, éplorés, se carapatent. Comme on le devinait, il n’est pas mort mais a été retrouvé dans les bois par Félix et Irma. Tout le monde se retrouve dans la baraque du garde-pêche Uhro, lequel a une nièce ravissante – Kitège – qui affole San Antonio. Je vous passe les parties de jambe en l’air et les scènes égrillardes. Pas le genre de la maison. Apollon-Jules a été enlevé par un sous-marin avec des Russes à son bord. Ils sont toujours à la recherche du caisson. San-A fait repartir les Bérurier avec Félix et Irma et il continue l’enquête avec Kitège, son nouvel amour. Sur les instructions de Durdelat, San-A fait péter des explosifs dans le lac et il atteint le sous-marin russe. Uhro veut l’abattre pour avoir massacré des espèces en voie de disparition dans ce lac millénaire. Uhro meurt accidentellement et San Antonio n’a plus qu’à cacher la mort du père à sa fille et à emmener icelle à Paris.
Direction la Suède puis le Danemark et l’Allemagne. Le camping-car est volé puis retrouvé et San-A a compris que le caisson se trouvait sur le bateau de feu Uhro qui voulait faire la nique aux Russes. Les Russes qui veulent le reprendre mais San-A a gardé du factotum dans le talon de sa chaussure et toutes les armes se décomposent. Le caisson disparaît à nouveau à Hambourg, et on croit que ce sont les Allemands qui se l’ont approprié. En fait, ce sont les services de Durdelat qui l’ont subtilisé et mis en sûreté. San Antonio découvre que la belle Kitège était une espionne russe qui renseignait ses compatriotes sur leur position et elle se barre en auto-stop. C’est pas Groland, c’est Finlande.
On passe au dernier. Un centre de thalassothérapie à Riquebon tenu par un ancien rugbyman professionnel, Alexis Clabote. Quatre petits vieux électrocutés dans la piscine plus l’infirmière venue les secourir. San Antonio décide de se faire passer pour un client, ce qui n’empêche pas une vieille dame de trouver la mort étouffée par la boue de son bain. La réputation de l’établissement est en jeu et il est urgent d’agir. Interview du personnel, des pensionnaires… L’enquête commence.
San Antonio est invité à dîner chez l’ex rugbyman et il tombe amoureux de Lucette, son épouse. Pour se mettre en condition, il s’exerce sur Ellena, la gouvernante de la senora Morituri, la mort au bain de boue et est surpris par le couple chez qui il a dîné. Blanc et Pinaud accourent à Riquebon pour lire en direct le pedigree des défunts. Le fils Morituri, constructeur de voitures, vient faire du grabuge en accusant le patron d’avoir tué sa mère, mais un sixième cadavre rejoint les autres dans une morgue apprivoisée, un petit vieux mort dans une douche où l’acide a progressivement remplacé l’eau.
Comme dans tous les San Antonio de l’époque, ça baise beaucoup. San-a avec Lucette et Béru avec Violette, une contractuelle dont il s’est entiché. Lucette tire un portrait peu favorable de son mari et on apprend que la belle Ellena est une ancienne des Brigades rouges. San Antonio échappe à une explosion dans sa chambre et Ellena est kidnappée par le trio Blanc-Pinaud-Béru dans une villa au bord de la mer, ce qui ne l’empêche pas de leur échapper, obéissant à de faux gendarmes se réclamant de San Antonio.
La dame Gabot, membre du personnel, est assassinée, ce qui ne fait pas annuler le « bal des rombières », festivité annuelle de l’endroit. Entre temps, Aldo Morituri s’est pendu dans la chambre de sa défunte mère et on trouve le corps de Ellena Mencini dans le coffre de la D.S de Béru.
L’enquête se poursuit avec interrogatoire de l’amant de la Gabot et de la maîtresse de Moncornard, le mort par l’acide. Lucette et San-A se sont rendus à son hôtel en voiture et ont été victime d’un guet-apens par des hommes masqués et armés. San-A a mis le feu à la voiture et les truands ont paniqué. Le couple trouve refuge chez la secrétaire de Clabote et, interceptant un appel téléphonique, San-A est persuadé que Lucette Clabote est de mèche avec les agresseurs.
Des renseignements venus de Milan établissent un lien entre Aldo Morituri et Ellena Mencini. Leur complicité dans la mort de la vieille Morrituri paraît évidente, histoire d’héritage. Une voyante entre en contact avec l’un des morts par électrocution et la meurtrière aurait les traits de Ellena. Béru et Violette essaient de faire avouer Clabote qui nie farouchement savoir quelque chose de l’histoire. Place au bal.
San Antonio y est déguisé en rabbin et au milieu des festivités, on annonce la présence de Richard Nixon. Félicien Jaume, un ancien préfet de police déjà croisé dans l’histoire, veut prendre le flingue de San-A et les lumières s’éteignent S’ensuit un combat épique où San-A prend une balle perdue mais où Violette lance une grenade à l’endroit où les malfaiteurs étaient tapis.
Au débrief du dernier chapitre, on apprend qu’il s’agissait d’un vaste complot international dirigé par Jaume et Lucette Clabote qui se servait de la clinique pour éliminer des pensionnaires décédant peu après leur cure spéciale, à l’insu de son mari. L’affaire Morituri a brouillé les pistes et la venue de Nixon devait faire diversion. On ne sait pas grand-chose des complotistes et de leurs motivations, mais là n’est pas l’objet du livre.
C’est d’ailleurs ce qui fait un peu la faiblesse de ce « Super San-Antonio » où ça baise à tous les coins de page aux dépends de l’intrigue et des personnages. C’est du San-Antonio dernière manière, plus cul que polar. Ça n’empêche pas les fous rires et les poilades, c’est toujours ça de pris par les temps qui courent (qui galopent aurait dit Dard, Dard-Dard !).
MARGUERITE YOURCENAR – FLEUVE PROFOND SOMBRE RIVIÈRE – Poésie Gallimard
On change de genre avec l’académicienne du Mont-Noir, Marguerite Ourse noire comme disait Coluche.
Le livre est sous-titré « Les négro-spirituals, commentaires et traductions ». Pour le titre, on pense tout de suite à ce grand morceau de Ike & Tina Turner produit par Spector : « River Deep, Mountain High ».
Le livre commence par une longue préface sur l’histoire de l’esclavage aux États-Unis. Puis on passe au Negro-spiritual, la plupart ayant été composés entre 1810 et 1860, chants religieux, chants d’espérance mais aussi chants de peine annonciateurs du Blues. La bible de Saint-James (une traduction de la Bible pour les Noirs Américains) pour les paroles et les rythmes de l’Afrique pour les sons. Catholiques, mais aussi protestants dont les sectes ont prospéré outre-Atlantique. Yourcenar opère une classification des Negro-spirituals par thèmes : amour, travail, mort, espoir…
Des chants souvent drôles et enlevés, proches des chansons populaires et d’une poésie ancienne à la Villon. Des chants que l’on peut retrouver dans le Blues, le Jazz, le Rock et même la Country’n’western : « Nobody Knows The Trouble I’ve Seen », « Give Me The Old Religion », « Go Down Moses » et autres « Freedom ». Des mots simples imprégnées de religion et de dévotion mais qui peuvent se voir subvertir par des doubles sens ou des clins d’œil. Les Negro-spirituals auront en tout cas abreuvé les fleuves du Jazz New-Orleans ou du Blues rural, avant que d’autres réalités ne s’imposent au peuple noir.
Marguerite Yourcenar partage ces chants en plusieurs parties : L’esclavage et la misère, L’ancien et le nouveau testament, La fin du monde et l’apocalypse, La mort et la promesse du ciel et Rondes ,berceuses, ballades et blues avant une conclusion intitulée Chants de la liberté. Des chants simples où on semble croire dur comme fer aux miracles, aux prophéties, aux prodiges et où les personnages bibliques seraient comme des amis, dans le ciel qu’il leur tarde d’atteindre.
La dernière partie est consacrée aux chants de lutte pour les droits civiques, ou le religieux disparaît au profit du politique. Une dernière forme de Negro-spiritual « factice », ou tout simplement des Protest-songs pour la communauté noire ? On en en tout cas un livre utile et intéressant. Merci Ourse noire !
JULIEN GREEN – LÉVIATHAN – Plon / Le livre de poche
Les livres de Julien Green ne m’ont jamais passionné et j’accorde une dernière chance à celui-là. Le personnage de Green n’est d’ailleurs pas très attirant, écrivain catholique ami de Mauriac ou de Jacques Maritain, homosexuel honteux, au moins au début, militaire haut gradé durant les deux guerres… Ce qui plaide en sa faveur est sa démission de l’académie française après qu’il y eût été admis, et élevé au rang de doyen, malgré sa nationalité américaine.
Paul Guéret, un gagne-petit mal marié, est amoureux de Gisèle, une blanchisseuse qui lui bat froid. On suit son quotidien dans son travail de précepteur ou dans ses restaurants à bas prix. Il est malheureux et rêve d’un ailleurs où l’amour, la joie et la fantaisie auraient sa place. Ses rendez-vous avec Gisèle sont décevants et il découvre que Grosgeorge, le père d’André, l’enfant qu’il instruit, fréquente également Gisèle, payée pour être sa maîtresse. C’est plus qu’il n’en peut supporter.
On passe ensuite chez Mme Londe, la restauratrice, en conversation avec une petite fille, Fernande. C’est dans son restaurant que viennent quelques notables de la ville pour lesquels elle ménage des rendez-vous avec Angèle. Une sorte de mère maquerelle officieuse qui tient son petit monde avec ces petits secrets. Guéret s’aperçoit du manège et il en est affecté. Gisèle se fâche avec Mme Londe, chez qui elle faisait parfois le service. La question que tout le monde se pose est de savoir pourquoi Guéret s’est-il enterré dans la petite ville de Chanteilles ou de Lorges à côté ?
Guéret est obsédé par Gisèle jusqu’à entrer par effraction dans sa chambre au-dessus du restaurant, croyant voir le lit ensanglanté. Elle n’y est pas mais il la croise dans la rue, devenu fou de désir pour une femme qu’il aime autant qu’il la hait. Elle se refuse encore à lui et ne peut l’avoir qu’en rêve. Il la bat et s’enfuit. Dans la panique, il croit qu’un homme âgé, autre client du restaurant , l’a vu et il s’acharne sur lui à coups de cannes. Il passe le reste de la nuit dans un chantier, derrière trois monts de charbon qui symbolisent sa culpabilité et la noirceur de son âme.
La ville a peur et Mme Londe essaie de tirer les vers du nez de Gisèle pour qu’elle lui livre le nom de son agresseur. L’épouse de Guéret est repartie en Bretagne. La femme de Grosgeorge est persuadée que Guéret est coupable car elle traîne le même ennui et le même dégoût. Elle veut lui parler. Gisèle parle avec Fernande et s’aperçoit que Mme Londe initie la petite à des visites chez ses clients. Gisèle veut savoir si elle est toujours attirante, malgré ses blessures. La petite ne lui répond pas.
Retour au restaurant qui est le centre du roman. Mme Londe se désespère de voir son établissement péricliter. Ses clients ne la respectent plus en l’absence de Gisèle. Elle voudrait bien lancer Fernande, mais craint trop d’éventuelles retombées fâcheuses. Elle presse Gisèle de revenir. Elle promet, mais s’en va demander de l’argent à Grosgeorge dans le but de fuir. C’est Mme Grosgeorge qui lui ouvre, retour d’une promenade où elle souhaitait rencontrer Guéret, celui qu’elle aime et qu’elle sent aussi malheureux qu’elle. Gisèle se sent enlaidie après son agression et elle avoue à Eva Grosgeorge que c’est Guéret qui l’a agressée.
Guéret a joué l’homme des foules à Paris, noyé dans la masse. Il revient à Lorges pour revoir Gisèle et lui demander de partir avec lui en Belgique. Il se promet d’obtenir de l’argent de la Grosgeorge. Gisèle lui dit qu’elle le suivra. Guéret va chez les Grosgeorge pour quémander de l’argent et Mme Grosgeorge, à l’insu de son mari, lui fait passer la nuit chez elle et lui promet de l’aider.
La fin est confuse. Guéret est prisonnier de Eva Grosgeorge alors qu’elle a intercepté une lettre d’amour à lui adressée par Gisèle. En retour, elle écrit que Guéret est chez elle et que les gendarmes peuvent venir le chercher. En plein dépit amoureux, elle tente de se suicider et Guéret est arrêté. Gisèle quitte la chambre du restaurant où la maladie la retient. Elle puise dans ses dernières ressources pour aller à la rencontre de Guéret et elle est ramassé morte sur la route.
Il y a du Dostoïevski dans ce roman de la culpabilité, du crime, de l’amour impossible et de la haine de soi qui domine tout. Plus qu’à un Mauriac, on pense à Bernanos et à ses romans les plus noirs, même si Green est loin d’avoir son talent. Un style classique qu’on qualifierait de vieillot et des relents de mélodrame, même si la noirceur du roman a quelque chose de fascinante. Le Léviathan est ce monstre marin qui symbolise le chaos. C’est ici du chaos des âmes qu’il s’agit, et Green les peint en noir.
JOHN LE CARRÉ – L’HÉRITAGE DES ESPIONS – Le Seuil
Ce livre est l’avant-dernier roman de l’espion qu’on aimait, paru en 2017. Le Carré nous a quittés en 2020 et il nous manque. Sa plume, la qualité de ses intrigues et l’originalité de son univers sont partis avec lui. Restent ses romans qu’on a pas tous lus, loin s’en faut.
Le premier chapitre est une mini biographie de l’auteur, né en Bretagne de parents anglais, avec le père mort en résistant. Pierre devient Peter et regagne l’Angleterre où il est lancé dans l’espionnage par un oncle, Markus. De missions en missions dans les pays de l’est, Peter est invité par Smiley à devenir un agent du MI5 et sa carrière d’espion peut commencer.
Peter Guillam vit donc sa paisible retraite en Bretagne et il est rappelé par les services au sujet de l’affaire Windfall, une opération en RDA où son collègue Alec Leamas a trouvé la mort sur le G Berlin. Comme est morte Liz Gold, sa partenaire. Arrivé à Londres, il est interrogé par Bunny et Laura mais il persiste à dire qu’il ne connaît pas le nom de l’opération.
Les enquêteurs sont pugnaces et ils doivent tout savoir de Windfall car le fils Leamas et la fille Gold ont porté plainte et veulent tout savoir sur cette opération qui a entraîné la mort de leurs parents. Guillam essaie de finasser mais finit par reconnaître l’opération qui consistait à vérifier des informations sur une possible réunification des deux Allemagne, au profit de l’URSS. C’est un dénommé Bill Weyton qui a fait capoter la mission que pilotait George Smiley. Les enquêteurs veulent tout savoir.
Finalement, Guillam indique aux enquêteurs l’adresse du QG de l’opération Windfall – Les écuries – où réside encore une vieille dame, Millie Mac Graig. Là est entreposé tout ce qui a trait à l’affaire conduite par Smiley et Control son adjoint : photos, documents, notes de frais, nom des informateurs… Une caverne d’Ali Baba où Laura peut puiser à sa guise. Elle dit qu’il n’y a pas que les enfants des victimes qui sont à l’origine de la réouverture du dossier ; des politiciens flairent un scandale qui éclabousserait l’état. Une question taraude tout le monde : Smiley est-il encore vivant ?
On passe du Berlin de la guerre froide à l’effondrement du mur. Guillam se souvient d’Alec Leamas et de son enterrement où il avait écrit son nom et son adresse sur le livre de condoléances. C’est peut-être pour cela que Christoph, le fils de Alec, est venu en Bretagne pour le voir.
S’ensuit un long rapport sur l’affaire de Berlin demandé par Laura à Guillam pour servir de cas d’école. Une opération embrouillée, l’opération Tulipe, où il est question d’un certain Mayflower, de Köpenick, du docteur Riemeck et de Tulipe qui n’est autre que Doris, laquelle subit les assauts d’un mari tyrannique et qui a décidé de nuire aux intérêts de la RDA au nom de ses convictions communistes. Elle est officiellement agente de la Stasi.
Guillam a rendez-vous avec Tulipe à Budapest et, officiellement, il est un touriste français du nom de Jean-François Gamay, de Metz. Les échanges de microfilms sont discrets, comme il se doit.
Guillam va dans tous les endroits où logeaient les anciens services mais il se sent suivi. C’est Christoph Leamas, ex hooligan et ex taulard, qui finit par le rejoindre et lui demande 1 million d’Euros pour cesser les poursuites judiciaires, jurant que la fille Gold en fait une affaire d’honneur et ne fera pas de procès. Le récit de Guillam aux services se poursuit avec l’exfiltration de Tulipe, percée à jour par la Stasi et tous les échanges entre lui, Smiley, Leamas et Control. La situation devient périlleuse et l’opération menace d’échouer. Les agents ont appris que l’URSS massait des troupes à la frontière de la Tchécoslovaquie. Leamas et De Jong (leur homme à Berlin) sont chargés d’exfiltrer Tulipe de Berlin Est et roulent vers la frontière tchécoslovaque. Doris Gamp veut amener son fils Gustav mais ses convoyeurs refusent. Ils arrivent avec leur Trabant tricolore à la frontière, mais le plan à changer car Tulipe est devenue le symbole de la traîtrise en RDA.
Tulipe est recueillie à l’ambassade d’Angleterre à Prague et on la fait passer pour une spécialiste de l’agriculture de nationalité finlandaise. Elle doit faire une conférence avec Giillam, affublé d’un nouveau nom français – Lassif. Dans un hôtel à Prague, ils couchent ensemble, ce que niera Guillam dans son rapport. Un hélicoptère emmène Tulipe du Bourget à Londres et Guillam retourne dans ses terres bretonnes, se promettant de revoir Tulipe et de lui ramener son fils.
Reparti à Salisbury pour retrouver Tulipe, Mendel, un adjoint de Smiley, lui dit qu’elle était en fait un agent double et qu’elle est morte.
Elle a été débriefée au Camp 4 et n’a cessé de réclamer son fils Gustav. Un ornithologue suisse était également présent au camp et, pris dans un piège à loups, il a été démasqué comme un agent de la RDA venu inspecter les endroits les plus secrets des services. Le débrief n’avait pourtant pas été très poussé mais on impute la pendaison de Tulipe à la trahison de son pays, à l’éloignement de son fils et à la mort de sa sœur Lotte. Guillam a rédigé son rapport, comme Smiley et les autres, mais il apprend que Gustav a menacé de porter plainte à son tour. Il va le voir dans un hôtel de Weimar où il est serveur.
Guillam a pris une avocate, Tabitha, en prévision des procès qu’on pourrait lui intenter. Il lui explique l’affaire et va jusqu’à évoquer des réunions entre Smiley, Control et les autres habilités à propos de Mundt, alias Windfall, leur agent retourné en RDA, talonné par Fielder qui croit l’avoir démasqué. Guillam a aussi dragué Liz Gold sur ordre de Smiley :. ; Liz Gold étant une:militante communiste à l’époque. Quant à Léamas, il devenait de plus en plus évident qu’il était trop voyant, buvant trop et s’engueulant avec tout le monde.
Puis c’est un autre rapport, sur Lizzie (Gold) et son amant, tous deux bibliothécaires, et sur une réunion de leur parti. Lizzie est le type même de la jeune femme naïve et idéaliste alors que Léamas s’enfonce dans l’alcoolisme et la provocation. Un procès en RDA a désigné Fielder comme le traître et à honorer Mundt, l’ancien nazi, pour ses services à l’état. Guillam explique à son avocate que c’est Mundt qui a abattu le couple devant le mur, mais elle penche pour des explications plus complexes, impliquant Smiley et Control. Léamas a-t-il été sacrifié avec Gold, jusqu’où se sont-ils compromis avec la RDA ? Tabitha ne se contente pas de la version officielle et Christoph, le fils de Léamas, réapparaît avec la volonté de le tuer.
Guillam ne le prend pas au sérieux et part à Exetet voir Jim Meadows, l’ancien amant de Bill Weyton, le traître. Meadows lui donne l’adresse de Smiley qui lui dit que son seul tort est d’avoir sous-estimé Mundt qu’il n’imaginait pas abattre les deux espions anglais. Il est prêt à témoigner devant n’importe quelle cour et affirme que tout ce qu’il a fait l’a été pour l’Europe, pour sa renaissance après la Shoah.
Même si on a du mal à engloutir toutes les informations, avec des tas de rapports et d’interrogatoire, ça reste du grand Le Carré, avec son écriture entre ironie et gravité, ses intrigues au cordeau et ses personnages toujours originaux. C’est un peu le testament des espions, avec une jeune génération qui n’a que faire des sacrifices et des engagements de ses aînés dans une guerre froide dont ils ont du mal à saisir les enjeux. Un récit plutôt mélancolique donc, avec un Le Carré plus lucide et désabusé que jamais, ce qui ne veut aucunement dire qu’il tourne en rond.
MICHAEL CHABON – LE CLUB DES POLICIERS YIDDISH – 10/18 Domaine étranger
Un auteur dont je ne sais rien et un livre choisi eu égard à l’éditeur, qui n’a pas pour habitude de publier n’importe quoi. Est-ce suffisant ?
L’action se passe à Sitka (Alaska) et l’inspecteur Meyer Landsman est amené à enquêter sur la mort suspecte d’un junky dénommé Lasker à l’hôtel Zamenhof. La victime a été retrouvée en train de jouer une partie d’échec et le taulier, Tenenboym, lui dit que Lasker ne voyait ni ne recevait personne. Il est mort d’une balle dans la tête. Landsman est un flic dépressif et alcoolique depuis sa séparation d’avec sa femme, enceinte. Shpringer, le légiste, arrive sur les lieux.
L’auteur raconte l’arrivée de deux familles juives – les Landsman et les Shemets – en Alaska en 1940, fuyant les persécutions en Europe. Elles se sont connues dans un cercle de jeu d’échec, le Maccabi. Sitka était à l’origine une colonie russe en Alaska et la politique du gouvernement américain avait consisté à peupler la ville de juifs en exil. On suit Landsman dans sa famille, sa cousine Ester toujours enceinte et son mari Berko Shemets qui est aussi le coéquipier de Landsman. Les juifs ont eu parfois à se battre contre les indigènes, ce qui n’a pas Berko de devenir « le jeune ours juif », soit l’un des leurs. Landsman découvre que Lasker fut un grand champion d’échec.
Bina Gelbfish, l’ex femme de Landsman, est montée en grade et prend la tête du commissariat jusqu’à sa fermeture programmée. Elle veut que tous les cas soient élucidés, à commencer par le cas Lasker.
Landsman et Berko rencontrent Brennan, un journaliste qui a ruiné la carrière de Hertz Schemets, le père de Berko, alors qu’il était agent du FBI en charge de l’opération Cointelpro pour traquer la gauche radicale juive .
On leur laisse 9 mois pour boucler l’affaire et Landsman est persuadé qu’il y a un rapport entre le jeu d’échecs de Lasker et les parties de son grand-père, à Tel-Aviv, dans le club Einstein. Les deux détectives se rendent au Club Einstein de la ville pour enquêter. Lasker n’était pas le champion d’échec, mort il y a des années, mais il avait emprunté son nom. Il était un familier du club. Quelqu’un se souvient de lui comme dealer sous la coupe d’un parrain de la drogue lié à la mafia russe, mais les bouches se taisent, à part celle de Litvak, lequel fait des réponses ambiguës avant d’annoncer son départ pour Madagascar. Le duo de détectives oriente ses recherches vers une île voisine – Verbov -où les « chapeaux noirs » (juifs orthodoxes verbovers) sont nombreux. Les enquêteurs questionnent Zimbalist, le chef de la communauté. Il leur dit que Lasker était un grand joueur d’échec sous le nom de Mendel Sphilman et qu’il a commencé à dévisser lorsqu’il a appris que sa femme le trompait avec lui. Toujours sur l’île, les deux enquêteurs se font conduire vers le rabbin Sphilman, le père de Mendel.
La communauté leur est hostile, et Baronshteyn, le rabbin qui est aussi l’avocat de Sphilman, leur interdit l’entrée. Mais Zimbalist s’interpose. Sphilman rebute les enquêteurs par son physique repoussant. Il leur dit qu’il ne considérait plus Mendel comme son fils et la nouvelle de sa mort l’indiffère. Les deux policiers sont choqués.
Landsman retourne à l’hôtel Zamenhof où il rencontre un homme réputé pour tenir un musée du judaïsme, déplacé à Jérusalem. Puis il retrouve Bina, son ex-femme, et se souvient des suicidés de sa famille dont la liste est longue. Bina vient voir son ex-mari à l’hôtel Zamenhof, se plaignant de son laisser-aller. Landsman lui explique la théorie comme quoi il naît un messie par siècle et que le junky Mendel Shpilman pourrait être celui-là. Elle insiste pour qu’il lâche l’affaire, vu l’état dans lequel cela le met. Landsman n’en a aucunement l’intention. Landsman va chercher des informations auprès d’un indicateur, Benito, un vendeur de beignets. Il l’oriente vers Rafi Zilverblat, qui suivait Mendel.
Landsman essuie une fusillade des Zilverblat. Il tue Rafi et sa femme, ne laissant que le plus jeune qui lui pique son portable, son revolver, ses plaques et sa voiture. Pas très futé, il est localisé en répondant à un appel de Bina qui s’inquiète. Blessé, Landsman récupère chez son collègue et Bina lui annonce qu’il est suspendu jusqu’à nouvel ordre pour avoir tué deux personnes dans le parking d’un supermarché.
Depuis sa voiture, Landsman suit l’enterrement de Mendel. Des démêlés avec des journalistes font que ces funérailles tournent à l’émeute. Landsman veut interroger la mère du défunt, Batshiva Mendel. Il s’enfonce dans la Limousine de Batshiva et de la dame à son service et elle décide de le reconduire à son hôtel. Elle n’a plus de relations avec son fils depuis 20 ans, depuis le mariage qu’il a fui à cause de la pression pesant sur lui, tous ces malheureux voulant en faire un nouveau messie. Tout au plus l’a-t-il appelé depuis Paris dans un aéroport, lui demandant de l’argent. Landsman continue son enquête à l’aérodrome de Yacobi où la fille d’un couple de pâtissiers dit avoir connu Frank. Elle en était amoureuse mais lui n’a pas donné suite, se contentant de la bénir. Landsman le soupçonne d’être gay.
Landsman obtient des renseignements sur sa sœur Naomi, une pilote d’avion casse-cou morte en plein vol, son Cessna s’étant écrasé contre une montagne. Son plan de vol a disparu. Puis un pilote l’emmène sur l’île de Peril Strait où il a entendu parler d’une clinique de désintoxication tenue par une secte juive.
Il se trouve ligoté et menacé d’une arme par les docteurs Roboy et Fliger quand Baronshtein revient pour statuer sur son sort. Landsman l’accuse d’avoir assassiné à la fois Mendel et sa sœur Naomi.
Landsman se retrouve sur un lit de contention et il parvient à s’évader, poursuivi par les patients de l’hôpital mais l’inspecteur Dick, un policier nain sur une mini moto, tient en respect ses tourmenteurs et arrête Landsman. Il est soigné puis emprisonné, comprend que Mendel a été amené au centre avec l’intention de l’utiliser et qu’il a été libéré par Naomi dont on a provoqué l’accident. Berko vient aux nouvelles et Landsman est libéré. Dick les interroge, lui et Berko, et aux accusations d’antisémitisme proférées par Berko, il répond qu’il déteste tout le monde, pas seulement les juifs. Dick les libère après s’être fait raconter toute l’affaire. Il met en garde Landsman contre ses projets de vengeance pour sa sœur et ne tient pas à se mettre à dos la communauté de la clinique. Les trois retournent sur les lieux et aperçoivent des vaches, dont une rousse avec des tâches blanches artificielles, et une laiterie à côté de la clinique. Landsman soupçonne les juifs de s’être entendus avec les autochtones et les fédéraux américains pour cacher le meurtre de Naomi.
Tout cela les ramène à Hertz Shemets, père de Berko et oncle de Landsman. Hertz dont la femme était indienne et qui collaborait avec le FBI. Il accepte de les recevoir et paraît mal à l’aise devant eux. Hertz répond aux accusations en parlant de Alter Litvak qui l’avait remplacé comme agent du FBI, lui ayant été mis sur la touche. Landsman comprend que les meurtres de Mendel et de Naomi trouvent leur origine dans les massacres entre Indiens et Juifs, au début de leur arrivée ; des Indiens qui avaient déjà massacré des Russes au XIX° siècle. Le père et le fils en viennent à se battre et Hertz Shemets se tire une balle dans la tête. Il n’en mourra pas.
L’affaire a des rebondissements en Palestine, où Litvak a fait exploser des monuments religieux musulmans. Bina accepte de lancer un mandat d’arrêt contre Litval, mais Spade intervient au nom du District Attorney pour lui interdire de l’inquiéter. Elle passe outre et Landsman lui en sait gré. Buchbinder les reçoit à l’institut Meriah où Landsman repère des jeunes déjà vus dans les parages de la ferme-clinique. Litvak accepte de leur parler, mais son larynx a été écrasé lors d’un accident de voiture et il répond aux questions par écrit.
Individu de sac et de corde ayant fait des coups tordus à Cuba, Litvak s’est rendu à Peril Strait pour voir Mendel. La conversation a eu lieu aux bains turcs. Litvak veut amener Mendel à prendre la tête des verbovers pour les conduire en Palestine en s’aidant de symboles comme la vache rousse . Il serait le nouveau messie attendu par le peuple juif mais, derrière cette mystification se cachent des intérêts économiques et politiques bien réels pour les Américains. Litvak nie avoir tué Mendel mais il est exfiltré par des hommes du FBI venus le soustraire à l’entretien. Landsman est interrogé par celui qu’il nomme Cashdollar, un agent du FBI qui confirme ce qu’il savait : l’attentant contre le monument religieux, l’arrivée massive des verbovers, le rôle de Mendel, l’accident d’avion de sa sœur… Une stratégie des Américains pour chasser les Arabes de la Palestine et réaliser ainsi le rêve des sionistes.
L’attentat est passé pour un acte d’hostilité entre chiites et sunnites. Landsman n’ira pas devant la commission d’enquête et son ex-femmes lui rend son arme et son insigne.
Bina et Landsman se rendent dans les souterrains de l’hôtel Blackpool qui sont bouchés. Ils se rendent ensuite sur l’île de Verbov. Zimbalist nie le meurtre et leur dit que certains verbovers croient que Mendel va ressusciter. Les Rudashevski, une autre secte, enlèvent Zimbalist et Batshiva, la mère de Mendel implore Landsman de retrouver l’assassin de son fils.
Comme on pouvait s’y attendre, Bina et Landsman se retrouvent et Landsman va résoudre l’énigme du meurtre de Mendel comme s’il résolvait un problème d’échec. En fait, Mendel jouait seul mais Herz Shemets est arrivé et il a perdu la partie. Mendel lui a demandé de le tuer, ce qu’il a fini par faire d’une balle dans la nuque.
Bina et Landsman se sont remis ensemble, et Landsman téléphone au journaliste Brennan pour lui raconter toute l’histoire.
On dira que c’est une uchronie. Les Juifs en se sont jamais installés en Alaska et on sait ce qu’il est advenu des Palestiniens. S’il est parfois difficile de suivre une intrigue compliquée à l’excès, ce roman est passionnant d’abord par ses personnages truculents mais aussi par ses connaissances sur le monde juif, ses traditions, ses sectes, ses mythes. Un roman très politique aussi, mine de rien, avec un humour décapant et souvent auto-dépréciateur comme l’est souvent l’humour juif.
Un critique du New York Times a parlé d’un mélange de Isaac Bashevis Singer, de Chandler et de Philip K. Dick. C’est très exagéré pour Dick et Chandler, mais on aurait pu ajouter Jerome Charyn, pour l’ambiance. Il se dit que les frères Coen ont acheté les droits du livre. C’est tout à fait le genre de bouquin avec lequel ils peuvent faire des miracles. On a hâte ! Shalom Chabon.
22 septembre 2025